‹ Poésies éditéesChapitre 145 sur 183 · V. 7 Qu’a mon récrits sur ce grattage · texte numérisé non relu

V. 7 Qu’a mon récrits sur ce grattage

Jehan Monseisneur de Lorraine.

D° qui vous plaignez vous mon cueur ?

— De qui? — Voire, de ma mestresse.

— Cause pour quoy ? — Elle me lesse!

— Comment ? — Pour nouveau serviteur.

Esse pour vous ? — Non, j’en suis seur.

— Pourvoyez y — Quel part? — Mais qu’esse ; De qui [vous plaignez vous mon cueur ?]

. Bevrai ge ? — Quoy ? — Ceste sueur.

— Vous moquez vous ? — Le bast me blesse. ” C’est a l’autre huis, je le confesse.

— Aha, Dia! En avez vous peur ?

De qui [vous plaignez vous mon cueur ?] 12

Jehan Monseigneur de Lorraine.

e ris sans joie a ma pensee ; J Je pleure sans douleur sentir ; Je vueil ma mort sans consentir ; Je fais nouveau chose passee. 4

Je commence puis fais fuzee ; Je vis mourant sans point mentir ; Je ris [sans joie a ma pensee!] | 7

Je vueil paix quant noyse ay brassee ;

J'ay espoir, sans me convertir ;

Je sans en deux sens my partir ;

J'ars et brulle en feu sans fumee ;

Je ris [sans joie a ma pensee]. 12

Le ms. se termine par cette Balade a lectres contrainctes qui donne l'acrostiche de MARIE DE CLEVES.

Mame angelique, mer d'honneur meliflue,

Arbre de vie apportant le doulx bame,

Recueil d'amour, rose roial dont flue

Inexfluxible joie qui tous cueurs embame ; 4 Eureuse, eslite, excellente et grant dame,

Digne chet d’euvre, des bonnes la meilleur,

En vous florist triumphante valleur. 7 Courtois maintien avez, chere joieuse,

Le pris est vostre de la fleur lilieuse,

En gent maintien, en douceur, en faconde, 10 Vostre assovye valeur, tant vertueuse,

En toutes terres, tant que dure le monde,

Seule vous rent, sans per et sans seconde. 13

Rien plus n’y voy : les dieux vous ont eslue Pour regenter, tres precieuse gemme,

Sur toutes dames : car, de sens et value, Pareille n’a, d’Ynde jusqu’a Saint Jame.

Tout ainsi que le soleil font la gemme

Par la vertu de sa fervant chaleur,

Vostre hault bruit aneantist tout l’eur

Des autres dames, en grace fructueuse, Vostre tant douce, maniere gracieuse.

I n’est franc cueur qu’a vous priser ne donde. Puis la franchise de Vous, tant doulcereuse, En toutes terres, tant que dure le monde, Seule vous rens, sans per et sans seconde.

Clyo, Egnie, n’aultre muse qu’aye leue,

N’ont voix ou bruit, vostre hault nom et fame. De sens passez Othée la resolue,

Nymphe ou deesse me semblez mieulx que fame.

Hester, Proba, que tant sages on clame,

Ne Dorithye, qui de beaulté fut fleur,

Il ne vous fault emprunter riens du leur :

Fous bien requis en dame valoureuse

Sont compris en vostre doulceur eureuse.

De vous chascun s’en contente a la ronde.

Vostre bonté, de tout bien desireuse

En toutes terres, tant que dure le monde, Seule vous rend, sans per et sans seconde.

Haute princesse, doux, bien avantureuse, Le hault bien qui en vostre cueur habonde Et vostre franche largesse plantureuse

En toutes terres, tant que dure le monde, Seule vous rend, sans per et sans seconde !

Quant au ms. O? il se termine en réalité (fol. 111 vo) avec le rondeau :

Saluez moy toute la compaignie….

Les puges qui suivent sont en effet remplies par des chansons el

des rondeaux que le scribe avait oublié de transcrire. Nous rencontrons encore le rondeau double de Robertet à la louange de Charles d'Orléans (fol. 112 vo) :

Ung droit Cesar en liberalité,

Ung grant Chaton en pure integrité,

Ung Fabius en foy non defaillable

Vous tient chascun, vray, constant et estable, Duc d’Orliens, prince tres redoubté. 5

Ea si hault sang parfonde humilité,

Clemence grant et magnaninité

Cela avez : mais vous passez sans fable

Ung droit Cesar [en liberalité !] 9

En vostre bouche tousjours a verité,

En cuer amour et ardant charité,

Et lovaulté non jamais variable.

Qu'affiert il plus a prince si notable

Puis qu’on vous tient, parlant en equité,

Ung droit Cesar [en liberalité ?] ie

Ung Robertet, indigne a porter plume

Pour atouchier aprés voz haulx escriptz

Ces petiz vers icy vous a escriptz

De rude main, plus pesant q’un enclume! 1)

Et le rondel de Cadier, également à la louange de Charles d'Orléans :

Vous l’ung des plus nobles du monde, Prince, redoubté seigneur,

À Blois m'avez acreu d’onneur

Dont joye en moy trop surhabonde

Par vostre humilité parfonde $ Dieu vous en soit retributeur,

Vous l’ung [des plus nobles du monde,

Prince, tres redoubté seigneur !]

J'ai peu science, moins faconde, 9 Et encor prudence mineur,

Et vous me clamez serviteur

Digne pour estre en table ronde,

Vous, l’ung [des plus nobles du monde,

Prince, tres redoubté seigneur !] 1

Cadier, qui endormi estoit,

Avez tout esveillé en joye :

Il prie Dieu qu’il vous octroie

Autant de bien qu'il vous vouldroit ! 19

Au fol. 143 a été transcrit, plus tard, le rondeau de Thomassin à Louis XIT :

Par deux foys avés heu victoyre De Millan, Sire, dont la gloyre En est aux Francoys tant acquize Par vostre louable entrepryze Qu'a tousjours en sera memoyre…

Plus tard encore a élé transcrite de mémoire une version de la ballade à la grosse Margot de François Villon :

Se j'eyme et sers la belle de bon het...

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