RONDEAUX, CXCV, I — CXCVIII
On verra ce serez rescous De mes mains, par qui, et pourquoy :
Vous ne tenez [compte de moy!] 13
. INSI que chassoye aux sangliers, [p. 384] Mon cueur chassoit aprés Dangiers En la forest de ma Pensee, Dont rencontra grant assemblee Trespassans par divers sentiers. $
Deux ou trois saillirent premiers, Comme fors, orguilleux et fiers ; N’estoit ce pas chose effroyee ?
Ainsi [que chassoye aux sangliers, Mon cueur chassoit aprés Dangiers En la forest de ma Pensée.] | 11
Lors mon cueur lascha sus levriers, Lesquelz sont nommez Desiriers; Puis Esperance, l’asseuree, L’espieu ou poing, sainte l’espee, Vint pour combatre voulentiers, Ainsi [que chassoye aux sangliers.] 17
M°° de moy! vous y jouez vous? [p. 385] — En quoy ? — Es fais de tromperie.
— Ce n’est que coustume jolie Dont un peu ont toutez et tous! 4
CHARLES D'ORLÉANS
— Renversés sen dessus dessouz, Est ce bien fait? je vous en prie?
Mort de Moy ! :vous y jouez vous?
— En quoy ? — Es fais de tromperie]. 8
— Laissez moy taster vostre pous, | Vous tient point celle maladie ?
— Parlez bas, qu’on ne l’oye mie, Il samble que criés aus lous :
Mort de moy! [vous y jouez vous ?] 13 "A'APELEZ vous cela jeu [p. 386]
D'estre tousjours en ennuy ?
Certes, je ne voy nulluy Qui n’en ait plus trop que peu. 4
Nul ne desnoue ce neu, S'il n'a de Fortune apuy :
M'apelez vous [cela jeu D'estre tousjours en ennuy ?] 8
On s’art qui est pres du feu :
Et pour ce, je suis celuy Qui a mon povoir le fuy, Quant je n'ÿ congnois mon preu.
M'apelez vous [cela jeu ?] 13
à ussi bien [aides que belles. : [p. 387]
Contreffont les dangereuses,