‹ Poésies éditéesChapitre 72 sur 183 · CCCXXX VIII · texte numérisé non relu

CCCXXX VIII

uIs que par deça demourons, F2

Nous, Saulongnois et Beausserons, En la maison de Savonnieres, Souhaidez nous des bonnes cheres Des Bourbonnois et Bourguignons.

Aux champs, par hayes et buissons, Perdriz et lyevres nous prendrons, Et yrons pescher sur rivieres,

Puis que par deça [demourons, Nous, Saulongnois et Beausserons, En la maison de Savonnieres.|

Vivres, tabliers, cartes aurons

Ou souvent estudierons

Vins, mangers de plusieurs manieres ; Galerons, sans faire prieres,

Et de dormir ne nous faindrons,

Puis que par deça [demourons.}

CHARLES D'ORLÉAXNS

CCCXXXIX ENSER, qui te fait si hardy, De mectre en ton hostellerie

La tresdiverse compaignie D'Anuy, Desplaisir et Soussy ?

Se congié en as, si le dv, Ou se le fais par ta folie, Penser, qui te fait si hardy ?]

Nul ne repose pour leur cry, Boute les hors, et je t'en prie, Ou il faut qu’on v remedie ; Veulx tu estre a tous ennemy, Penser, [qui te fait si hardy ?]

Fraigne.

lou tus lu, petit soupir, Que j'ay ouÿ si doulcement ?

T'en vas tu mectre a saquement Quelque povre amoureux martir ?

Ven ça, dy moy tost, sans mentir, Ce que tu as en pensemrnt.

EF ou vas fu, [petit soupir,

Que j'ay ouv si doukement 7]

Dieu te conduvye a ton desir, Et le remaine à sauvement :

Mais je te requier bumblement Que ne faces ame mourir !

Etou vas tu, [petit soupir ?]

Ch. 2%]

s tu ja fait, petit souspir ? [p. 297] Est il sur son trespassement Le cuer qu'as mis a sacquement ?

N’a il remede de guerir ? | 4

Tu as mal fait de le ferir

En haste, si piteusement.

As tu [ja fait, petit souspir ?

Est il sur son trespassement ?] 8

Amours, qui t’en doit bien pugnir,

À fait de toy son jugement ;

Pren franchise hastivement,

Saufve toy, quant tu as loisir ;

As tu [ja fait, petit souspir !| 13

EUX ou trois couples d’Ennuys ‘p.298!

Jay tousjours en ma maison,

0 ee 9 0 + 0 9e ee 0 0 + € 0 + ee

Desencombrer ne m'en puis. 4

Quoy qu’a mon porvoir les fuis,

Par le conseil de Raison,

Deux ou trois [couples d'Ennuys,

J'ay tousjours en ma maison.] 8

CHARLES D’ORLÉANS

Je les chasse d’ou je suis, Mais en chascune saison, [12 rentrent par ung autre huis,

Deux ou trois [couples d’Ennuys.] 12 Le duc d'Orleans. | [p. 292]

ERA elle point jamais trouvee Celle qui ayme loyauté Et qui a ferme voulenté Sans avoir legiere pensee? "a Ï1 convient qu’elle soit criee, Pour en savoir la verité :

Sera elle point [jamais trouvee Celle qui ayme loyauté ?] 8

Je croy bien qu’elle’est deffiee Des aliez de Faulceté,

Dont il y a si grant planté,

Que de paour elle s’est mussiee.

. Sera elle point jamais trouvee ?] ’ 3 __ CCCXLIV Le duc Jeban de Bourbon. [p. 292]

uc d'Orleans, je l'ay trouvee Celle qui ayme loyauté, Et qui a ferme voulenté, Sans avoir legiere pensee. : 4

J a ne fault qu'elle soit criee,

J'en sçay assez la verilé :

Duc d'Orleans, [je l'ai trouvee

Celle qui ayme loyaute.] 8

C'est ma Dame tresbien ame, | Qui a des biens si grant planté Qu’el ne craint vostre Faulceté, Ne de ceulx de vostre livree. Duc d’Orleans, [je l'ay trouvee !|

CCCXLV

. Jehan Monseigneur de Lorraine. : . [p.474]

[C hose qui plait est a demy vendue, En quelconque marchandie que se soit, Mais l'eul prise tel chose qui desoit, Le plus souvent, quant elle [est] bien connue ; 4

Car, quant Amour se vendoit a priere,

Peu de marchant y conquestoit proufit ;

Desir survient qui met la fole enchere,

A qui marchié de raison ne suffit. 8

ÆAdonc vela qui apouvrit et tue

Le maleureux que chascun monstre au doit, Disant : C’est cil qui plus fait qui ne doit, Dont s’ordre n’est a son droit maintenue.

Chose qui plait [est a demy vendue.] 13 CCCXELVI ' Orleans. Cp. 4741

UANT je congnois que vous estes tant mien, Et que m’aymez de cueur, si loyaument,

490 CHARLES D'ORLÉANS

Je feroye vers vous trop faulcement Se, sans faindre,ne vous aymoie bien. 4

Éssaiez moy se vous fauldray en rien,

Gardant tousjours mon honneur seulement,

Quant [je congnois que vous estes tant mien,

Et que m’aymez de cueur, si loyaument.] 8

Se me dictes : « Las ! je ne sçay combien

Vostre vouloir durera longuement » ;

Je vous respons, sans aucun changement,

Qu'’en ce propos me tendray et me tien, Quant je congnois [que vous estes tant mien., 13

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