‹ Poésies éditéesChapitre 82 sur 183 · LIVRE CONTRE TOUT PECHÉ · texte numérisé non relu

LIVRE CONTRE TOUT PECHÉ

Toutesfoiz, je ne dy mie

Qu’on ne doie amer pour sa vie Soustenir l’or, aussi l’argent, Aux povres en distribuant.

De luxure

Luxure si est deshonneste Peché, car la vie de beste Prendre souvent fait, et laissier La nature et abaissier

De l’amour de Dieu, dont souvent

Aucuns meurent vilainnement.

Car par l’enseignement Cathon Bonne renommée en pert on, Et aussi toute bonne vie

" On laisse, et en la baillie

De l’ennemi pour son plaisir On se met, et pour son desir.

De envie

Cil qui vueult bonté ensuir,

1] doit envie moult fuir;

Car Alain si nous enseigne

Que, tout ainsi que la montaigne Qui est Ethna appelée

Est tousjours de feu embrasée, Ainsi l’envieux tousjours art

Du feu d'envie de toute part.

Pour ce appert que desplaisant Est a Dieu et moult ennuiant.

Lo)

CHARLES D'ORLÉANS

Du pechié de gloulonnie

Par gloutonnie tout pechié

S’ensuit et toute mauvaistié, 80 Et pour ce, un chascun fuir

La doit, et non pas ensuir ;

Mais regarder on doit souvent

De Godeffroy l’enseignement, [ue] Par lequel il vitupere

Les glous et les acompere

A l’ours, au chien et a la truie.

Pour ce appert que gloutonnie 88 Est un pechié que on doit fuir,

Car mauvaistié fait ensuir,

Et en pert on sens et memoire, | Aussi la souverainne gloire. 92

Du pechié dire

Pour ensuir tousjours mes diz,

Dire vueil, parler, et si diz,

Qu'un chascun qui du pechié d’ire

Est plain ne peut faire ne.dire 96 Aucun bien a lui pourfitant,

Tant est ce pechié empeschant.

Et Alain en son livre dit |

Que, ainsi comme jour et nuyt, 100 Les rivieres, aussi les flues,

Par les rives sont tenues,

Ainsi attrempance si tient

L'ire des gens quant elle vient. | 104

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