HYMNE A VÉNUS
Cependant les Sylvains , brûlés des mêmes feux , Pressent la nymphe palpitante Qui tremble dans leurs bras nerveux ,
Et de désir et d’épouvante !
La déesse sourit aux mortels enchantés:
Elle entend s’élever du milieu des cités ,
De l’épaisseur des bois , du sein des mers profondes , Un murmure confus de cent bruits amoureux;
Et ce concert voluptueux Est l’hommage éternel des êtres et des mondes.
ODE
Neque harum , quas colis , arborum
Te , præter invisas cupressos ,
Ulla brevem dominum sequetur.
Horace.
Déjà l’aurore aux mains vermeilles , Sème les roses du matin ;
Va , jeune esclave , sous ces treilles Porter les coupes du festin.
Que ces flacons dont la vieillesse Promet à la soif qui nous presse Un nectar long-tems respecté, Rafraîchis par des eaux limpides ,
ODE
M’apportent dans leurs flancs humides Le délire et la volupté.
C’est ainsi qu’une aimable ivresse Loin de moi chasse la douleur.
De mes jours la mort est maîtresse:
Je suis maître de mon bonheur.
Quand l’aveugle destin l’outrage ,
Amis , le véritable sage S’enveloppe de sa vertu.
Dédaignant la plainte importune ,
11 rit, et boit a la Fortune,
Qui pensait l’avoir abattu.
Des beaux arbres qui m’ont vu naître , Les cyprès doivent seuls un jour , Derniers compagnons de leur maître , Le suivre a son dernier séjour.
Mais que parfois la vigne encore ,
Sur nos fronts , que son jus colore , Courbe ses fortunés berceaux ,
Avant que le cyprès fidèle Balance son ombre éternelle Sur le marbre de nos tombeaux.
ODE
O Nais ! par la mort cruelle Quand mon arrêt sera porté , Approche , la douleur t’appelle Où t’appelait la volupté.
Réponds à ma voix défaillante, Soulève ma tète tremblante,
De ton souffle viens m’embraser ; Ah ! que sur tes lèvres de flamme •le puisse déposer mon ame !
Que j’expire dans un baiser !
Alors que ma froide paupière Pressera mes yeux à jamais ,
O Nais ! pour faveur dernière , Couronne -moi de myrtes frais.
Paré comme en un jour de fête , Sur un bras inclinant ma tête , Une coupe vide a la main , J’offrirai la riante image De ce convive heureux et sage , Qui sommeille après un festin.
Toi-même à la clarté ravie ,
Tu dois fermer tes yeux si beaux
ODE
Mais un jour l’éternelle vie Sortira du sein des tombeaux.
Comme deux époux de la veille, Qu’un tendre souvenir éveille , Aux premiers rayons du matin ; Surpris et charmés de renaître , Ensemble nous verrons paraître L’aurore d’un jour sans déclin.
A. IViotM sc .
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