‹ Poësies et messéniennesChapitre 23 sur 39 · HYMNE A VÉNUS · texte numérisé non relu

HYMNE A VÉNUS

Cependant les Sylvains , brûlés des mêmes feux , Pressent la nymphe palpitante Qui tremble dans leurs bras nerveux ,

Et de désir et d’épouvante !

La déesse sourit aux mortels enchantés:

Elle entend s’élever du milieu des cités ,

De l’épaisseur des bois , du sein des mers profondes , Un murmure confus de cent bruits amoureux;

Et ce concert voluptueux Est l’hommage éternel des êtres et des mondes.

ODE

Neque harum , quas colis , arborum

Te , præter invisas cupressos ,

Ulla brevem dominum sequetur.

Horace.

Déjà l’aurore aux mains vermeilles , Sème les roses du matin ;

Va , jeune esclave , sous ces treilles Porter les coupes du festin.

Que ces flacons dont la vieillesse Promet à la soif qui nous presse Un nectar long-tems respecté, Rafraîchis par des eaux limpides ,

ODE

M’apportent dans leurs flancs humides Le délire et la volupté.

C’est ainsi qu’une aimable ivresse Loin de moi chasse la douleur.

De mes jours la mort est maîtresse:

Je suis maître de mon bonheur.

Quand l’aveugle destin l’outrage ,

Amis , le véritable sage S’enveloppe de sa vertu.

Dédaignant la plainte importune ,

11 rit, et boit a la Fortune,

Qui pensait l’avoir abattu.

Des beaux arbres qui m’ont vu naître , Les cyprès doivent seuls un jour , Derniers compagnons de leur maître , Le suivre a son dernier séjour.

Mais que parfois la vigne encore ,

Sur nos fronts , que son jus colore , Courbe ses fortunés berceaux ,

Avant que le cyprès fidèle Balance son ombre éternelle Sur le marbre de nos tombeaux.

ODE

O Nais ! par la mort cruelle Quand mon arrêt sera porté , Approche , la douleur t’appelle Où t’appelait la volupté.

Réponds à ma voix défaillante, Soulève ma tète tremblante,

De ton souffle viens m’embraser ; Ah ! que sur tes lèvres de flamme •le puisse déposer mon ame !

Que j’expire dans un baiser !

Alors que ma froide paupière Pressera mes yeux à jamais ,

O Nais ! pour faveur dernière , Couronne -moi de myrtes frais.

Paré comme en un jour de fête , Sur un bras inclinant ma tête , Une coupe vide a la main , J’offrirai la riante image De ce convive heureux et sage , Qui sommeille après un festin.

Toi-même à la clarté ravie ,

Tu dois fermer tes yeux si beaux

ODE

Mais un jour l’éternelle vie Sortira du sein des tombeaux.

Comme deux époux de la veille, Qu’un tendre souvenir éveille , Aux premiers rayons du matin ; Surpris et charmés de renaître , Ensemble nous verrons paraître L’aurore d’un jour sans déclin.

A. IViotM sc .

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