ELEGIE
Pour arracher sa main du chêne qui la presse , Sous un monstre en fureur Milon se dresse encor ; Pluton , brûlant d’amour, ravit une déesse; Mercure va parler : l’Amour a pris l’essor !...
Non , tu ne peux quitter ce palais , ces ombrages ; Je dois te pardonner de m’oublier pour eux. Renaissez autour d’elle , errez dans les bocages , Courtisans , magistrats et poètes fameux :
Reviens sous ces ormeaux antiques ,
O vénérable Fénélon !
Echos, répétez les cantiques Où Racine a pleuré les malheurs de Sion ! Benserade , Boileau , Sévigné , La Bruyère , Ecoutez en riant les contes d’Hamilton ;
Zéphirs, semez des fleurs sous les pas de Ninon , Et vous , grands de la cour, applaudissez Molière !
Là, le plus amoureux , le plus beau des mortels En pompe a célébré ses brillans carrousels ;
Mille nobles beautés entouraient la carrière ,
Armaient les combattans , couronnaient les vainqueurs. C’est la que, rayonnant d’une splendeur guerrière , Louis fit triompher les modestes couleurs