‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 14 sur 85 · I. Les Amours, liv. III,. élégie x · texte numérisé non relu

I. Les Amours, liv. III,. élégie x

XXX Notice sur la vie

et de beauté; mais le temps n'est pas venu de sotdeoer UnU à fait le voile qui couvre ces petits secrets d'une société encore trop voisine de la nôtre *. » Nou^ ne substituerons pas plus que Boissonade, bien que tenu à moins de discrétion, un nom réel à ce nom de fantaisie poétique et amoureuse, mais nous avons recueilli dans les Œuvres de Berlin assez de renseignements épars pour fixer les principaux traits de ceUe aimable figure. Née, comme lui, à rUe Bourbon, elle y avait grandi avec lui, et c'est de ces premiers jeux, de ces premiers et naifs bonheurs partagés que naquit plus tard un sentiment plus tendre dont la vivacité s'accrut encore de la contrainte qu'il rencontra. Il parait, en effet, que le père de Bertin s'opposa à cette union, lorsque son fils, retrouvant à Paris sa compagne d'enfance, voulut unir pour toujours sa destinée à la sienne :

Cher et cruel objet de plaisirs et d'alarmes, Toi, qu'un père autrefois me défendit d'aimer, Rappelle-toi combien tu m'as coûté de larmes! Ah! garde-moi ton cœur, conserve-moi ces charmes Que l'amour pour moi seul se plaisoit à former*...

I. Boissonade. Notice sur Bertin, édition de 1824, p. viij. On voit encore que Boissonade n'avait pas trouvé près des anciens amis de Bertin tous les renseignements qu'il aurait pu 6n attendre pour éclaircir certains points de sa vie.

« Nous avions eu, dit-il, un moment l'espoir de nous montrer beaucoup mieux instruit que les biographes qui nous ont précédé; mais les renseignements que nous attendions de quelques contemporains de Bertin nous ont été refusés. » Avertissement de la même édition.

a. Les Amours, liv. I, élégie ix.

Et les œuvres de Bertin, xxxi

Faut-il mettre sur le compte de la fiction, ou accepter comme un récit véridique à peine embelli cette aventure de la grotte, qui rappelle celle du IV* livre de TÉnéide :

Je vous revois, ombrage solitaire, Lit de verdure impénétrable au jour , De mes plaisirs discret dépositaire , Temple charmant où j'ai connu l'amour...

C'est là qu'un soir, j'osai prendre sa main , Et la baiser d'un air timide et sage :

C'est là qu'un soir j'osai bien davantage :

Rapidement je fis battre son sein, Et la rougeur colora son visage :

C'est là qu'un soir je la surpris au bain.

Je vois plus loin la grotte fortunée , Où dans mes bras soiunise, abandonnée, Les nœuds défaits et les cheveux épars.

De son vainqueur évitant les regards, Mon Eucharis, heureuse et confondue, Pleura longtemps sa liberté perdue^.

ou bien ne faut-il voir dans ce galant tableau qu'une licence poétique f Question délicate et que nous serions bien fâché de résoudre, préférant laisser planer sur ce point un mystère qui ne messiedpas à un pareil sujet. Ce que nous pouvons dire, c'est que, lorsque l'amour vint, à sa manière, se venger des ccdculs qui avaient séparé nos deux amants, Eucharis était mariée^, qu'elle était l'une des plus jolies femmes de Paris, l'une des plus fêtées ;

C'est vous que je nomme Eucharis , O vous, des beautés de Paris

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