‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 70 sur 85 · DE BOURBON-BUSSET · texte numérisé non relu

DE BOURBON-BUSSET

En réponse h des vers qtCil m'avoit adressés à Fontainebleau,

LASSÉ de tout, sans luth et sans maîtresse, Depuis longtemps j'étoîs mort aux plaisirs, Et le chantre de la tendresse N'avoit plus même de désirs ; Lorsqu'à ma paupière éblouie.

Dans le plus brillant appareil.

Ce matin vint s'offrir, à l'instant du réveil. Une beauté piquante, au visage vermeil.

Aux épaules d'albâtre, à la gorge arrondie.

Répandu sur ses traits, un reste de sommeil La rendoit encor plus jolie.

Je reconnus la Muse si chérie.

Qui, toujours promenant sa foi.

De mes liens jadis, sans trop savoir pourquoi,

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S'étoit brusquement dégagée.

Je crus qu'elle étoit corrigée.

Et qu'elle revenoit à moi.

Je voulus l'embrasser. < Arrête, me dit-elle, Busset m'aime; il est fier, jeune, ardent, plein de zèle : Pour lui seul désormais je garde ces aj^ns.

Tu me servis trop mal : tiens, je sors de ses bras;

Regarde comme je suis belle.

Lis ce billet; en vers moins polis et moins doux

Autrefois s'ezprimoit Horace.

n récrivit sur mes genoux.

En le dictant, j'ai signé ta disgrâce.

Il ËLut nous séparer : adieu.

Tu ne me verras plus, car Busset me rappelle. Tous les amants que j'eus, Anacréon, ChapeUe, La Fare et Sainte- Aulaire, et Vendôme et Chaulieu, Je les retrouve en lui; je lui serai fidèle. >

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