‹ Poésies et œuvres diverses du chevalier Antoine BertinChapitre 71 sur 85 · LETTRE AU MEME · texte numérisé non relu

LETTRE AU MEME

AhI c'en est trop, monsieur le Vicomte; et il n'y a plus moyen de résister à toutes vos coquetteries. Comment ! des vers, de la musique, des chansons, et la plus jolie lettre du monde I Songez donc combien j'en suis indigne I

A moi des vers si gracieux!

Que je suis fier d'un tel message !

Mortel favorisé des cieux, On voit bien à votre langage Que vous êtes du sang des dieux.

Je ne sais où vous adresser mes remerciements ; car vous pouvez être également, en Flandre et en Bourgogne, occupé à faire mouvoir, comme il vous plaît, à gauche, à droite, des gens que cela n'amuse guère, ou à briller dans les États par la sagesse de vos vues, et par le charme de votre éloquence.

Je ne suis pas embarrassé de vos belles destinées.

a&> Poésies de Bertin,

La gloire ne sviroît être infidHe au nom que vous porteL Pnissiez-voiis seulement ne pas m'oublier tout à bit pour ^e ! Dans la vie active à laqueUe je vous vois condamné, Jimagîne que vous êtes trop sage pour négliger les plaisirs. Comment passez-vous votre temps» et comment le Êdtes-vous passer aux autres? Je vous connois trop de moyens de plaire pour croire que» dans ce moment-ci» tout le monde ait lieu de se louer de vous autant que je le Êûs. Pour moi.

Couché noDcfaalamment à Tombre Des pins ou des peupliers verts.

Je cherdie à donner à mes vers Ce brillant colaris, ce nombre.

Cet air fini, cet heureux tour, £t cette grSce naturelle, Oui dune lumière immortdle Parent la moindre bagatdle.

Et qui font vivre plus d\m jour.

Je corrige ces Amours que vous avez lus avec beaucoup trop d'indulgence» et qui n'ont d'autre mérite que d'être l'histoire fidèle de mon coeur et de ma vie. J'ajoute, et plus souvent j'eflbce. Confiné depuis trois mois dans mon ermitage» ma seule peine est de songer qu'il faudra bientôt m'en arradier. Mais je jouis» en attendant, de moi-même» du doux aspect de la campagne» des charmes de l'étude et des douceurs de l'amitié.

Que dis-je! Après tant de tounnents.

Les jreux encor mouillés de larmes Je reviens, malgré mes serments, A ce cruel dieu des amants

Poésies diverses. 26]

Qui seul a causé mes alarmes.

Je le conjure d'occuper Ces derniers instants d'ime aurore Que je sens prête à m'échappcr :

Hélas ! et je lui porte encore Mon cœur, s'il le veut, à tromper.

Ce qu'on nomme repos m'ennuie ; J'ai besoin d'un plus doux lien :

Lorsqu'une fois, je le sens bien, D'aimer on a fait la folie , Age et raison n'y peuvent rien ; 11 faut aimer toute sa vie.

A MONSIEUR

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