‹ Poésies et œuvres morales de LeopardiChapitre 4 sur 29 · AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS

A qui tu t'es donné, la croyant éternelle, Elle est morte, et bien morte ! et je sens qu'avec elle Non seulement l'espoir, mais le désir est mort. Meurs aussi, pauvre cœur! Sans regret ni remord Du Passé, rends à l'air ta flamme inassouvie. Vœux déçus, amertume, ennui, voilà la vie. Dans le renoncement est la sérénité.

Pour souffrir, n'as-tu pas trop longtemps palpité! Repose-toi, mon cœur ! Il n'est rien en ce monde, A tes fiers battements il n'est rien qui réponde. La terre est vide, et vide est le ciel! Le Destin, Pouvoir lâche et caché, nous mène au but certain, Le néant !

Repose-toi, mon cœur, — désespère à jamais !

Cet essai si heureux montre qu'il ne serait peut-être pas impossible à un vrai poète de traduire Leopardi en vers. Ainsi rendu, il plairait davantage et serait peut-être plus lui-même. Notre prose l'aura sans doute trahi plus d'une fois, et la Ginestra, son chef-d'œuvre, paraîtra bien pâle : c'est que traduire un poète est impossible, si on prend ce mot à la lettre, surtout quand il s'agit de Leopardi. On peut du moins en donner

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