‹ Poésies et théâtreChapitre 35 sur 86 · LES MÊMES, FRITZ · texte numérisé non relu

LES MÊMES, FRITZ

(Au moment où Mme de Marancey va rentrer chez elle, Fritz paraît sur la porte, des habits et un portemanteau sous le br;is.)

M'»e DE MARANCEY.

Qu'est-ce que cela?

FRITZ

Ça, madame, c'est une redingote, un portemanteau, un gilet, habit, veste et...

M^ DE MARANCEY.

Comment tout cela se trouve-t-il chez moi ?

FRITZ

Ah ! je vas vous dire, c'est à ce monsieur...

M^ DE MARANCEY.

Ce monsieur?...

TRENEUIL.

Ce monsieur?...

FRITZ

Ce monsieur qui est arrivé ce matin, et qui a demandé un appartement... un malade qui a l'air très-bien portant...

(Treneuil passe auprès de Fritz.) Mme DE MARANCEY.

Comment ! vous avez laissé prendre mon appartement par un étranger ?

FRITZ

Ah bien, oui, par exemple!... c'est-à-dire qu'il l'a pris sans le demander... Si vous croyez que c'est bien commode de refuser un homme qui ne dit jamais que deux fois la même chose.

Deux fois ! . . . quel conte nous fait-il là ?

Ce n'est pas un conte... il ne dit jamais que deux fois ; la troisième, vlan !... Pour lors je me suis dit que madame s'expliquerait mieux avec lui... Il s'est mis, en arrivant, dans une robe de chambre magnifique, et il attend madame pour déjeuner... il a fait mettre deux couverts... Ah ! c'est un monsieur très comme il faut.

Mme DE MARANCEY.

Mais, enfin, le nom de ce monsieur très comme il faut.

FRITZ

Ah bien ! oui, est-ce qu'il a voulu me le dire ?

TRENEUIL.

Son adresse est peut-être sur ce portemanteau.

FRITZ

Tiens... et moi, je n'y avais pas songé.

TRENEUIL, lisant l'adresse sur le portemanteau que Fritz lui

présente.

« Monsieur Ferdinand de Marancey. »

M^ DE MARANCEY.

Mon mari !

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