‹ Poésies et théâtreChapitre 55 sur 86 · SCÈNE XXII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXII

Les Mêmes; AMÉLIE, sortant de sa chambre.

AMÉLIE, à Treneuil.

Monsieur, après ce qui s'est passé, vous devez comprendre que tous les liens qui nous unissaient sont à jamais brisés.

TRENEUIL.

Amélie !

AMÉLIE

Point d'excuse... c'est assez d'un affront! en attendre un second serait le mériter... Permettez -moi de me retirer chez ma mère.

TRENEUIL.

Te séparer de moi !

AMÉLIE

Ne sommes-nous pas déjà séparés ?

MARANCEY, à part.

La désolation est dans tous les cœurs... cela console un peu de ne pas souffrir seul.

TRENEUIL.

Puisqu'une séparation te paraît nécessaire, ne veux-tu

pas reprendre au moins ces objets qui t'appartiennent ?

(Il lui donne son portrait et ses lettres.)

AMÉLIE

Mon portrait!... mes lettres!... Mais comment ?...

TRENEUIL.

Tu sauras tout...

AMÉLIE, à Marancey.

Monsieur, croyez que ma reconnaissance...

MARANCEY, se levant.

C'est une détestable ironie !... Prétendez-vous insulter à ma douleur par le spectacle de votre tendresse ?

TRENEUIL.

Parce que j'embrasse ma femme !... il me semble que je suis dans mon droit... D'ailleurs il ne tient qu'à vous de me rendre la pareille... retournez-vous.

Page 1