‹ Poésies et théâtreChapitre 56 sur 86 · SCÈNE XXIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIII

MARANCEY, M<*e DE MARANCEY, TRENEUIL, AMÉLIE.

M-ne DE MARANCEY , à part.

Déjà réconciliés ! j'en étais sûre!... Pauvre ingénue !

iMARANCEY, à madame de Marancey.

Madame, le jour où j'ai reçu votre foi devant les autels, avez-vous bien compris la gravité de l'engagement que vous contractiez ? Savez-vous que le mariage est une chose sainte ?... que le plus grand crime à la face du ciel et de la société est celui de l'époux... je veux dire de l'épouse qui... Connaissez-vous cela, madame ?

(Il lui montre son portrait.)

Mme DE MARANCEY.

Quelle trahison !

MARANCEY.

Ne craignez-vous pas que ma vengeance...

ÏRENEUIL.

Arrêtez... ce ne sont pas des reproches, mais des remercîments que vous devez adresser à madame.

MARANCEY.

Comment ?...

Oui, mon cher ami, des remercîments ; car, en prenant part à un complot bien innocent... en voulant bien me prêter son portrait pour quelques instants, madame de Marancey vous a empêché de persister dans une résolution peu digne de vous, et que tôt ou tard vous vous seriez reprochée.

UNE POSITION OELICATF. Ml

MARANCEY.

Quoi! elle vous avait prêté seulement?... Ma bonne amie, bien sur, tu n'avais fait que prêter, et tu savais...

M^ DE MARANCEY.

Je savais que vous aviez besoin d'une leçon... j'espère que celle-ci vous profitera.

MARANCEY.

Eh bien ! j'aime mieux ça... en fait de malheur conjugal, je préfère avoir tous les torts de mon côté... Il me semble qu'on m'a ôté un poids... réellement, je plains les maris qui sont sujets à ces oppressions-là.

M™ DE MARANCEY.

Maintenant, rendez-moi le portrait.

MARANCEY.

Non, je le garde; en le prêtant, tu pourrais finir par le perdre.

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