‹ Poesies Fleurs AntillesChapitre 10 sur 40 · LA VIEILLE NÉGRESSE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE NÉGRESSE

Son repas était prêt ; je rengage a manger.

Elle emplit de manioc un coui de callebasse.

— Le nègre no recourt jamais au boulanger, — Kilo assemble ses mets» dans son coui les entasse. Sa cuiller est de bois, sa table est son genou ; Son eau rafraîchissait dans un nœud de bambou. Quand elle eut terminé, prenant une bouteille : <c C'est do l'eau, » mo dit-elle, en ricanant un peu ! Elle but le taûa, sa boisson sans pareille, Et puis elle alluma sa vieille pipe au feu !

« Tu vas me raconter ton départ de Guinée. »

Lui dis-je. ^— Et ses regards deviennent éclatants ; Sa figure, a ces mots, paraît illuminée 1 Son souvenir la porte à plus de soixante ans! Alors elle se dresse et parait en démence.

Elle parle, elle pleure, elle chante, elle danse. .. Tout ému, j'écoutais, et sa voix, par moment, Répétait ce refrain : « Bâtiment I Bâtiment I... ! »

C'était le vif regret do la terre d'Afrique, Que ce refrain chanté dun ton mélancolique !

Combien do souvenirs se mêlaient dans ce mot !. Souvenir d'une voilo et souvenir d'un flot I Souvenir des bourreaux qui l'avaient, jeune fille, Ravie i\ son pays ainsi qu'a sa famille!

1 C'était on oflfol le mol ilonl se servait lu vieille négresse que Je peins,

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