LA ROSE
A JULES JANtN
Il ost une rivière où Tonde Houle sur un fond de galets ; Dans sa limpidité profonde Miroitent d'éclatants reflets.
Kilo descend do la montagne, Prend sa source aux pieds d'un volcan ; Un gazouillement l'accompagne, Dans sa course vers l'océan,
' C'est une petite rivière <îe la nnatlolotipi*.
FLKUltB DES ANTILLES
De morne on morne ses cascades G-rondent dans les grandes forêts ; Les arbres ployés en arcades, L'abritent sous des berceaux frais,
Kilo féconde les racines De ces gigantesques gommiers, Qu'on creuse en pirogues marines, Rapides comme des pluviers.
De vanille elle se parfume, L'agouti boit dans son cristal ; La roche où brise son deunie, Au ramier sert do piédestal.
Quand l'astre aux lueurs argentines, D'isolement remplit les bois»
Klle chante soûle aux raviner, Les oiseaux n'ayant plus do voix.
Mais l'aurore, au-dessus des lames, Fait briller son disque vermeil..; Toutes les voix, toutes les Ames, De concert fêtent le soleil.
Le vent souffle dans les lianes Qui sur l'eau suspendent leurs fleurs; Les oiseaux mêlent, aux savanes, Leurs chants aux chants des travaille
LA ROSB
Dans les bois résonne la hache.,.
La rivière, en ses petits flots, Répète ce bruit, le détache, Et le porte aux lointains échos.
En chemin, la belle onde arrose Le haut palmiste, le bambou, Et roulfc, avec la pomme-rose, Le fruit pourpré de l'acajou.
Elle salue un champ do cannes, Murmure à l'ombre d'un manguier, Ravit leurs parfums aux bananes, Ain si 'qu'aux fleurs du goyavier.
L'Africain aux larges narines, Kt l'Indien aux cheveux longs, Boivent ses ondes cristallines, Où se mirent les papillons.
Dans un bassin sombre et sauvage, Où percent des rayons fur tifs, Elle rencontra un doux visnge, Aux regards profonds et pensifs.
C'est la créole nonchalante, Dont l'eau caresse le beau sein ; Elle regarde, l'indolente, Ses pieds blancs au fond du bassin.
Fî,EUR8 r»ES AN1ILLKR
Avec la source qui bouillonne, Sa voix charmante a pris l'essor, Tandis qu'a sa bouche mignonne, Sa main poi'te une mangue d'or.
Baigneuse, à travers le feuillage, Un regard déjeune homme a lui.., Quoi ! je vojs rougir ton visage...
Ta lèvre a murmuré : C'est lui !.. .
Mais la rose poursuit sa route, L'amour s'abrite daus ses eaux ; Sur ses bords on aime ; elle écoute Et les hommes et les oiseaux.
Elle écoute... et vers Tonde immense, Entre deux raugs de mangîiers, Va perdre sa douce romance Dans le concert des flots altiers.
Guadeloupe, Lu Govaw, mut