A FÉLIX BERNARD
Dieu prit la perle aux ondes
Profondes, Dô duvet la vêtit ; Le plumage étincelle,
Et l'aile S'ouvrant, l'oiseau partit I
Bîjou du nouveau monde,
Qu'inonde, L'éclat du vêtement;
KLEURP DES ANTILLES
L'œil ébloui, l'artiste
Assiste À ton miroitement*
L'oisillon, sous sou ailo
Recèle Un foyer, un soleil...
Rayon que, dans la plume,
Allume Le grand astre vermeil.
L'amour, maître du monde,
Féconde, Oiseau, ton sein béni ; Pour bâtir, tu recueilles :
Deux feuilles Supporteront ton nid,
Deux feuilles sur la branche
Que penche Le plus léger zéphyr ; Ce nid d'un petit être,
Voit naître Et topaze et saphy r.
Radieux, l'oiseau-mouche
Se couche, D'émeraude vêtu ;
r/OlSBAU-MOUCHK
Hors du berceau scintille
Et. brille Sa tôte nu bec pointu.
Il va de tige en tige,
Voltige Sur l'herbe, miroitant ; La fleur ouvre un calice
Où glisso Ce rubis éclatant.
Puis il revient rapide,
Avide D'admirer ses petits; Emu, son sein de mère
Espère Les revoir tous blottis.
Autour de son bec coule
Et roule La liqueur, le nectar ; Il porto l'ambroisie
Choisie,..
Il est venu trop tard...
Plus de nid, de couvre
Rêvée...
Il va, court, frémissant;
FLEURS DBS ANTILLES
L'air où le vent frissonne,
Résonno D'un cri vif et perçant .
Du cocotier superbe
A l'herbe
De la savane en fleur, Il s'élance et son trouble
Redouble Ainsi que sa douleur.
Il délaisse eu sa route
La goutte De rosée ou de miel ; Dans sa tristesse a m ère
De mère, Le suc se change en fiel.
Rien n'étourdit sa peine,
La graine Ni le fruit odorant; La mangue, à la ramure,
Est mûre...
Il passe indifférent.
Soudain, quelle rencontre !
Se montre
l/OISBAU-MOUCHB 57
L'amant plein de beauté. , .
L'amour, divin remède,
Succède A la maternité,
Dieu prit la perle aux ondes
Profondes, De duvet la vêtit ; Le plumage étincelle.
Et l'aile S'ouvrant, l'oiseau partit \ , , >
Guadeloupe, tuai 1MO.