‹ Poesies Fleurs AntillesChapitre 14 sur 40 · A FÉLIX BERNARD · texte numérisé non relu

A FÉLIX BERNARD

Dieu prit la perle aux ondes

Profondes, Dô duvet la vêtit ; Le plumage étincelle,

Et l'aile S'ouvrant, l'oiseau partit I

Bîjou du nouveau monde,

Qu'inonde, L'éclat du vêtement;

KLEURP DES ANTILLES

L'œil ébloui, l'artiste

Assiste À ton miroitement*

L'oisillon, sous sou ailo

Recèle Un foyer, un soleil...

Rayon que, dans la plume,

Allume Le grand astre vermeil.

L'amour, maître du monde,

Féconde, Oiseau, ton sein béni ; Pour bâtir, tu recueilles :

Deux feuilles Supporteront ton nid,

Deux feuilles sur la branche

Que penche Le plus léger zéphyr ; Ce nid d'un petit être,

Voit naître Et topaze et saphy r.

Radieux, l'oiseau-mouche

Se couche, D'émeraude vêtu ;

r/OlSBAU-MOUCHK

Hors du berceau scintille

Et. brille Sa tôte nu bec pointu.

Il va de tige en tige,

Voltige Sur l'herbe, miroitant ; La fleur ouvre un calice

Où glisso Ce rubis éclatant.

Puis il revient rapide,

Avide D'admirer ses petits; Emu, son sein de mère

Espère Les revoir tous blottis.

Autour de son bec coule

Et roule La liqueur, le nectar ; Il porto l'ambroisie

Choisie,..

Il est venu trop tard...

Plus de nid, de couvre

Rêvée...

Il va, court, frémissant;

FLEURS DBS ANTILLES

L'air où le vent frissonne,

Résonno D'un cri vif et perçant .

Du cocotier superbe

A l'herbe

De la savane en fleur, Il s'élance et son trouble

Redouble Ainsi que sa douleur.

Il délaisse eu sa route

La goutte De rosée ou de miel ; Dans sa tristesse a m ère

De mère, Le suc se change en fiel.

Rien n'étourdit sa peine,

La graine Ni le fruit odorant; La mangue, à la ramure,

Est mûre...

Il passe indifférent.

Soudain, quelle rencontre !

Se montre

l/OISBAU-MOUCHB 57

L'amant plein de beauté. , .

L'amour, divin remède,

Succède A la maternité,

Dieu prit la perle aux ondes

Profondes, De duvet la vêtit ; Le plumage étincelle.

Et l'aile S'ouvrant, l'oiseau partit \ , , >

Guadeloupe, tuai 1MO.

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