UNE FLKUR SUR UN VOLCAN
jJet'ai cueillie, ô fleur, près d'un large cratère,
Au sommet d'un volcan; Là, tu semblais braver les flammes de la terre,
Les coups de l'ouragan.
Le vent froid et glacé passait sur ta corolle,
Sans flétrir sa couleur ;
Le soufre que vomit l'ardente fumerole,
Te laissait sans pâleur.
Un roc géant couvert d'une mousse pourprée,
Etait penché sur toi ; Il semblait menacer ta tôte diaprée...
Tu brillais sans effroi.
Mû Ff.RURS t)KS ANTILLES
Quelquefois sous tes pieds passaient les grands nuaj
Tu contemplais l'azur ; Tu t'épanouissais au-dessus des orages,
En face d'un ciel pur.
Mais ces jours de rayons étaient des jours de fêtes !
Fille des noirs brou illards, Le ciel te réservait plus de sombres tempêtes
Que d'éclatants regards.
Pour toi, pas de baisers des brises odorantes;
Pour toi pas d'oisillons Aux belles plumes d'or; d'abeilles murmurantes,
De brillants papillons ! *
Des parfums repoussants enveloppent ta tige,
Pauvre petit roseau !
Tu restes solitaire; autour de toi voltige
La cendre et non l'oiseau I
Qu'importe que ton front plane au-dessus des vagues,
Au-dessus des grands bois; Que tous les horizons étincelants ou values
Semontrentàlafois!
fcous ta faible racine une lave fermente...
Si le volcan s'ouvrait, Ton destin serait court, petite fleur charmante!
Il te consumerait I