LÀ. CRÉOLE
A M™ e JULES MICHEL ET
Le jour luit et l'ombre décline, La Créole est sur son lit rêvant; Une fraîche brise marine, Dans ses rideaux de mousseline, Joue avec le soleil levant.
Quel souvenir, dans sa mémoire,
Flotte souriant, incertain ; Sa belle chevelure noire Ondule sur son cou d'ivoire.
Caresse sa peau de satin»
FLEURS I>ÊS ANTIU.E6
Voyez-la sur sa couche molle, Soulever ses bras nonchalants ; Etaler sa splendide épaule, Ouvrir ces regards de Créole, Plus queleciel étiilcelants.
Elle se lève et la coquette, Au miroir regardant soudain»
Admire sa grâce parfaite.
Et de sa beauté satisfaite, Se plonge aussitôt dans le bain,
De Ponde elle sort embellie, Comme des eaux sortent les fleurs Elle est plus fraîche et plus jolie, Et sa main sur son front délie Le madras aux vives couleurs.
Les parfums couvrent sa toilette, Tout semble sourire à ses vœux, Et comme pour un jour de fête, En tresse, en boucle, sur sa tète, S'harmonisent ses longs cheveux.
Sur sa bouche et sur son visage, Brillent la poudre et le carmin ; Ses dents forment un assemblage De la perle et du coquillage, Et l'amande embaume sa main.
LA ORÉOLB
Le soleil, dans l'espace monte, Il atteint presque à son zénith ; La Créole jamais n'affronte Cette ardeur, à brunir trop prompte, Et le hamac est son doux nid.
Elle y berce sa nonchalance l
Broder est son plus grand travail !
Tandis que son corps se balance, Le petit négrillon s'avance Et déploie un large éven tail .
Aussitôt le sommeil caresse Les longs cils de son œil charmant, Et quand s'éveille ta paresse, Ce bel œil, petite maltresse, Parcourt les pages d'un roman,
Mais voici venir la marchande ; Elle est riche en sucre, en bonbon ; Adoucis ta lèvre friande;
Satisfais une soif trop grande, En mêlant Ponde et lo citron,
F LEURS DKS ANTILLKS
Sur la touche mélancolique, Laisse courir tes légers doigts ; Entonne un refrain du tropique ; Pas un seul oiseau d'Amérique N'atteint les notes de ta voix I