II
Le frais zéphyr semble renaître.
Le ciel est moins resplendissant !
C'est l'heure d'ouvrir la fenêtre, Et la brise aussitôt pénètre, Avec son souffle caressant .
Il faut achever ta toilette; Le corset fait mieux ressortir Une taille svelte et coquette, Et la robe de gaze est prête,. .
La négresse va te vêtir.
C'est toi la beauté sans pareille î Un peu d'orgueil enfle ton sein l Le balcon montre sa merveille; Auprès de la fleur une abeille Accourt m. et puis c'est un essaim !
LA CRÊOLB
Vois-tu ce jeune homme qui passe?...
Jeune fille, il devient rêveur ; Son âme éprise est dans l'espace; Il est ébloui de ta grâce; Son œil réclame une faveur l
Mais quoi ! ton cœur aussi s'agite...
J'ai vu ton visage changer...
Tu fuis et puis tu reviens vite. . > Ta vue & la fois cherche, évite Le regard du jeune étranger I
Plus d'un nom passe sur ta bouche; Par la brise il est emporté...
Ce soir le sommeil t'effarouche...
Crains-tu d'être seule en ta couche?...
Mène avec toi la volupté!...
Gttidttoupe, tO ftoût Itfitt
LA SENS1TIVK
xvm
LA SENSiTIVF,
On la voit croître en la savane ; Au jour s'épanouit sa fleur; Un rayon trop brûlant la fane, Et lui fait perdre sa couleur* Frémissantes, ses feuilles vertes,
Panaches à peine entrouvertes, Au frôlement des papillons, Ou sous le vol des oisillons, Ou bien au souffle d'une haleine Echappée à la bouche humaine, Ou par le moindre attouchement, Se referment pudiquement I La sensitive, est-ce pas Pâme De la jeune fille qu'enflamme
FLEURS DES AÎ*m!,BS
Un premier sentiment d'amour?
Elle est honteuso d'elle-môme, Et craint de voir l'objet qu'elle aime, Qu'elle doit aimer sans retour !...
C'est aussi l'ame du poèië, Ouverte aux aspirations ; Toujours émue et toujours prête A toutes les émotions I . . .
Guadeloupe, aoûl