EN MER
Nous allons chaque jour vers de nouveaux climats, Le ciel a moins d'azur au-dessus de nos mats ; La brise d'Orient, embaumant les tropiques, Ne vient plus caresser nos fronts mélancoliques. Àdieu les frais matins et les s pl end ides soirs, Où les beaux feux du ciel, comme des encensoirs, Paraissaient suspendus à la voùto sereine 1 Le clair miroir n'est plus qu'uno fougueuse plaine Où les flots en courroux luttent contre les flots ; Le marin no peut plus s'endormir en repos; C'est toi, brise du nord, qui deviens souveraine, Ét les vents alizés n'ont plus pour nous d'haleine, Je vous regrette, ô vents qui gonflèrent jadis Les voiles de Colomb, cherchant un paradis,
166 PLBURS DBS ANîlLJBS .
Une terre nouvelle à travers l'Atlantique I Je vous regrette, hélas ! ô brises du Tropique t Mais, ô France, je vais saluer ton vieux sol ! S'il n'a pas Foiseau-mouche, il a le rossignol : * S'il n'a point Pacajou, la mangue, la goyave, Il a le doux raisin et là pèche suave ; Et cette terre sainte, en un coin écarté, Nourrit une autre plante encor. . . la liberté h..
En mer, ♦ octobre lêfd.