LENDEMAIN
Puisqu'à peine désenlacée De l'étreinte de mes deux bras, Tu demandes à ma pensée Ces vers qu'un jour tu brûleras,
11 faut, ce soir, que je surmonte L'état d'adorable langueur Où je rougis un peu de honte, Tout en souriant de bonheur.
i88 Le Cahier rousse.
Pourtant je l'aime, ma fatigue. C'est ton œuvre, et le long baiser De ta bouche ardente et prodigue A pu seul ainsi m'épuiser;
Et tu veux que je la secoue, Petite coquette! tu veux Voir rimer les lys de ta joue Avec la nuit de tes cheveux.
Tu veux que, dissipant le voile Qui trouble mon cerveau si las, Je dise tes regards d'étoile Et ton haleine de lilas.
Mais la preuve, 6 capricieuse, Que je ne pense qu'à t'aimcr, C'est la fièvre délicieuse Qui m'empêche de l'exprimer.
Ainsi, respecte ma paresse; Ton souvenir passe au travers.
Demande des baisers, m.iîtrcs8c; Ne me demande pas des vers.
KABALA
A Claudius Popelin, maître émailleur.
Après avoir blanchi sous un grimoire antique, Près du creuset, bravant fagots et Montfaucon, Sans avoir trouvé l'or ni le basilicon, L'ancien souffleur mourait, pauvre et sans viatique.
Mais, comme pour venger la foi cabalistique, La chimie émergeait des fourneaux de Bacon ; Et, tâchant d'enfermer la vie en un flacon, Paracelse créait une thérapeutique.
ipo Le Cahier rongée.
Cependant la science était encor trop peu.
Des arts charmants sont nés dans le secret du feu,
Comme y seraient éclos des œufs de salamandre.
C'est là que Limosin et Bernard Palissy
Ont cueilli le laurier qu'après eux tu viens prendre,
Claudius. et le vieil Hermès te dit : Merci.
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