‹ Poésies (volume 3)Chapitre 38 sur 56 · AUBADE PARISIENNE · texte numérisé non relu

AUBADE PARISIENNE

Pour venir t'aimer, ma chère, Je franchis les blancs ruisseaux, Et j'ai l'âme si légère Que j'ai pitié des oiseaux.

Quel temps fait-il donc ? Il gèle, Mais je me crois au printemps.

Entends-tu, mademoiselle ?

Tu m'as rendu mes vingt ans.

i8(5 .Le Cahier rouge.

Tu m'as rendu ma jeunesse.

Ce cœur que je croyais mort, Je veux pour toi qu'il renaisse; Ecoute, comme il bat fort!

Quelle heure est-il? Tu déjeunes; Prends ce fruit et mords dedans.

C'est permis, nous sommes jeunes, Et j'en mange sur tes dents.

Parle-moi, dis-moi des choses.

Je n'écoute pas, je vois S'agiter tes lèvres roses Et je respire ta voix.

Je t'aime et je t'aime encore; A tes pieds je viens m 'asseoir.

Laisse-moi faire ; j'adore Le tapis de ton boudoir !

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