AUBADE PARISIENNE
Pour venir t'aimer, ma chère, Je franchis les blancs ruisseaux, Et j'ai l'âme si légère Que j'ai pitié des oiseaux.
Quel temps fait-il donc ? Il gèle, Mais je me crois au printemps.
Entends-tu, mademoiselle ?
Tu m'as rendu mes vingt ans.
i8(5 .Le Cahier rouge.
Tu m'as rendu ma jeunesse.
Ce cœur que je croyais mort, Je veux pour toi qu'il renaisse; Ecoute, comme il bat fort!
Quelle heure est-il? Tu déjeunes; Prends ce fruit et mords dedans.
C'est permis, nous sommes jeunes, Et j'en mange sur tes dents.
Parle-moi, dis-moi des choses.
Je n'écoute pas, je vois S'agiter tes lèvres roses Et je respire ta voix.
Je t'aime et je t'aime encore; A tes pieds je viens m 'asseoir.
Laisse-moi faire ; j'adore Le tapis de ton boudoir !