‹ Poésies (volume 3)Chapitre 9 sur 56 · DANS LA RUE · texte numérisé non relu

DANS LA RUE

A Jules Bonnassies.

Les deux petites sont en deuil; Et la plus grande, — c'est la mère, A conduit l'autre jusqu'au seuil Qui mène h l'école primaire.

Elle inspecte, dans le panier, Les tartines de confiture Et jette un coup d'oeil au dernier Devoir du cahier d'écriture.

Djhs la Rue C$

Puis comme c'est un matin froid Où l'eau gèle dans la rigole Et comme il faut que l'enfant soit En état d'entrer à l'école,

Écartant le vieux châle noir Dont la petite s'emmitouffle, L'aînée alors tire un mouchoir, Lui prend le nez et lui dit : — SoutTle.

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LA SŒUR NOVICK

Lorsque tout douloureux regret fut inort en elle Et qu'elle eut bien perdu tout espoir décevant, Résignée, elle alla chercher dans un couvent Le calme qui prépare à la vie éternelle.

Le chapelet battant la jupe de flanelle, Et pâle, elle venait se promener souvent Dans le jardin sans fleurs, bien abrité du vent, Avec ses plants de choux et sa vigne en tonnelle.

La Sœur Novice. 67

Pourtant elle cueillit un jour, dans ce jardin, Une fleur exhalant un souvenir mondain, Qui poussait là malgré la sainte obédience;

Elle la respira longtemps, puis, vers le soir, Saintement, ayant mis en paix sa conscience, Mourut, comme s'éteint l'âme d'un encensoir.

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