LIVRE I
Les ondes que j'épands d'une éternelle veine Dans un courage saint ont leur sainte fontaine ; Où l'amour de la terre et le soin de la chair Aux fragiles pensers ayant ouvert la porte, Une plus belle amour se rendit la plus forte, Et le (it repentir aussitôt que pécher.
Henri , de qui les yeux et l'image sacrée
Font un visage d'or à cette âge ferrée,
Ne refuse à mes vœux un favorable appui ;
Et si pour ton autel ce n'est chose assez grande ,
Pense qu'il est si grand, qu'il n'auroit point d'offrande
S'il n'en recevo:t point que d'égales à lui.
La foi qui fut au cœur d'où sortirent ces larmes Est le premier essai de tes premières armes, Pour qui tant d'ennemis à tes pieds abattus , Pâles ombres d'enfer, poussière de la terre, Ont connu ta fortune , et que l'art de la guerre A moins d'enseignements que tu n'as de vertus.
De son nom de rocher, comme d'un bon augure, Un éternel élat l'Église se figure ; Et croit, par le destin de tes justes combats, Que ta main relevant son épaule courbée * , Un jour, qui n'est pas loin, elle verra tombée La troupe qui l'assaut et la veut mettre bas.
l. Puisse prêter l'épaule au monde chancelant,
a <lit le grand Corneille par une image différente dans lu Mort de Pompée
\ Chenu i;
6 l'OLSIES
Mais le coq a chanté pendant que je m'arrête A l'ombre des lauriers qui t'embrassent la tête , Et la source déjà commençant à s'ouvrir, A lâché les ruisseaux qui font bruire leur trace, Entre tant de malheurs estimant une grâce , Qu'un Monarque si grand les regarde courir.
Ce miracle d'amour, ce courage invincible, Qui n'espéroit jamais une chose possible Que rien finît sa foi que le même trépas, De vaillant fait couard, de fidèle fait traître, Aux portes de la peur abandonne son maître, Et jure impudemment qu'il ne le connoît pas.
A peine la parole avoit quitté sa bouche, Qu'un regret aussi prompt en son aine le touche ; Et mesurant sa faute à la peine d'autrui , Voulant faire beaucoup, il ne peut davantage Que soupirer tout bas, et se mettre au visage Sur le feu de sa honte une cendre d'ennui.
Les arcs qui de plus près sa poitrine joignirent, Les traits qui plus avant dans le sein l'atteignirent , Ce fut quand du Sauveur il se vit regardé ; Les yeux furent les arcs, les œillades les flèches Qui percèrent son ame, et remplirent de brèches Le rempart qu'il avoit si lâchement gardé.
Cet assaut comparable à l'éclat d'une foudre , Pousse el jette d'un coup ses défenses en poudre;