‹ PoésiesChapitre 116 sur 189 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

lui cette hautaine entreprise, Commune à tous les beaux esprits, Plus ardent qu'un athlète à Pise ', Je me ferai quitter le prix ; Et quand j'aurai peint ton image, Quiconque verra mon ouvrage, Avoûra que Fontainebleau, Le Louvre, ni les Tuileries, En leurs superbes galeries, N'ont point un si riche tableau.

Apollon à portes ouvertes Laisse indifféremment cueillir Les belles feuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieillir ; Mais l'art d'en faire des couronnes N'est pas su de toutes personnes, Et trois ou quatre seulement, Au nombre desquels on me range, Peuvent donner une louange Qui demeure éternellement.

^. Comparaison noble et précise, d'autant plus heureuse dans un poète lyrique, qu'elle rappelle Pindare, le prince des lyriques, dont Malherbe ne faisait pas grand cas. A. Cuenier.

FRAGMENT

Et quand j'aurai peint ton image *, Comme j'en prépare l'ouvrage, Sans doute on dira quelque jour :

Quoi que d'Apelle on nous raconte, Malherbe pouvait, à sa honte, Achever la mère d'Amour.

\. Ce fragment paraît n'être qu'une manière nouvelle de remplir l'avanlciernière strophe de l'ode précédente. Je la trouve meilleure que celle qui est restée. Il serait quelquefois à désirer que nous eussions les brouillons des grands poètes, pour voir par combien d'échelons ils ont passé.

A. Chenieu.

LIVRi: III 173

SONNET

A LA HEINE MARIE DE MËDIGIS

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