LIVRE Jll IGU
Les deux frères de qui la guerre Ne cessa point dans !e tombeau *.
C'est en la paix que toutes choses -
Succèdent selon nos désirs ;
Comme au printemps naissent les roses ,
En la paix naissent les plaisirs;
Elle met les pompes aux villes,
Donne aux champs les moissons fertiles,
Et de la majesté des lois
Appuyant les pouvoirs suprêmes,
Fait demeurer les diadèmes
Fermes sur la tête des rois.
Ce sera dessous cette égide Qu'invincible de tous côtés , Tu verras ces peu [des sans bride Obéir à tes volontés 3; Et , surmontant leur espérance 4, Remettras en telle assurance
t. Celle strophe <st fort belle. Les deux derniers vers sont parfait*. On ne saurait exprimer un sens plus mâle et plus énergique d'une manière plus simple et plus franche. Ce tour est à imiter. A. Chekier.
2. Voilà une strophe divine, et qui suit bien la précédente. Cela est plein de vie et de mouvement. Comme ce tableau de la paix est plein et achevé ! comme les quatre premiers vers, délicieux et pleins de grâce, contrastent aisément a\ec le ton noble et l'image frappante de la Dn! Il faut voir dans Tibulle un tableau de Ja paix, d'une couleur moins forte, et qui n'est pas aussi vif ni aussi rapide, mais charmant et parfait dans son genre
\. Ghfnier.
.1 Belle image! A. Cuenier.
■ Surmontant pour surpassant. I. Cberier.
Leur salut qui fut déploré ' , Que vivre au siècle de Marie, Sans mensonge et sans llatteric , Sera vivre au siècle doré.
Les Muses, les neuf belles fées, Dont les bois suivent les chansons 2 , Rempliront de nouveaux Orpliées La troupe de leurs nourrissons ; Tous leurs vœux seront de te plaire; Et, si ta faveur tutélaire Fait signe de les avouer, Jamais ne partit de leurs veilles Rien qui se compare aux merveilles Qu'elles feront pour te louer 5,
1 Déploré est là dans le sens de :
Deplorata roloni Vola jacent.
Je ne doute pas qu'on ne pût trouver quelque subterfuge pour le faire passer aujourd'hui. A. CHbNiF.it 2. Cela est charmant et d'une poésie exquise.
Blandum et auritas lidibus canons Ducere quercus.
dit Horace, en parlant d'Orphée.
Et plus haut :
Unde voralem temere inseculae Orphca sylvae.
Boileau dit :
Je crois voir les rochers accourir pour m'entendre.
Ailleurs il appelle les Muses du même nom que Malherbe leur donne ici :
Sans cesse poursuivant ces fugitives fées.
Toute cette strophe est d'une harmonie charmante ; je le remarque rarement, parce qu'il faudrait le remarquer à chaque pas. A. Cheniek. H. Belle tournure. A. Ciienif.r.