‹ PoésiesChapitre 131 sur 189 · AU NOM DU KOI LOUIS XIII · texte numérisé non relu

AU NOM DU KOI LOUIS XIII

A l'occasion de la première guerre des princes.

Les funestes complots des âmes forcenées , Qui pensoient triompher de mes jeunes années, Ont d'un commun assaut mon repos offensé. Leur rage a mis au jour ce qu'elle avoit de pire ,

Certes je le puis dire; Mais je puis dire aussi qu'ils n'ont rien avancé.

J'étois dans leurs filets , c'étoit fait de ma vie ; Leur funeste rigueur, qui l'avoit poursuivie, Méprisoit le conseil de revenir à soi ; Et le coutre aiguisé s'imprime sur la terre

Moins avant que leur guerre N'espéroit imprimer ses outrages sur moi.

Dieu, qui de ceux qu'il aime est la garde éternelle, Me témoignant contre eux sa bonté paternelle ,

A, selon mes souhaits, terminé mes douleurs. Il a rompu leur piège; et, de quelque artifice

Qu'ait usé leur malice, Ses mains, qui peuvent tout, m'ont dégagé des leurs.

La gloire des méchants est pareille à cette herbe Qui, sans porter jamais ni javelle ni gerbe, Croît sur le toit pourri d'une vieille maison ; On la voit sèche et morte aussitôt qu'elle est née ,

Et vivre une journée Est réputé pour elle une longue saison.

Bien est-il malaisé que l'injuste licence Qu'ils prennent chaque jour d'aflliger l'innocence En quelqu'un de leurs vœux ne puisse prospérer; Mais tout incontinent leur bonheur se retire,

Et leur honte fait rire Ceux que leur insolence avoit tait soupirer.

LIYKK m. w:i

I RAOMKNT

Al SUJET OK LA MKME «"Jl'EItllK.

IGl4.

O toi , qui d'un clin d'œil sur ia terre et sur l'onde

Fais trembler tout le monde, Dieu, qui toujours es bon et toujours l'as été, Verras-tu concerter à ces âmes tragiques

Leurs funestes pratiques? Ne tonneras-tu point sur leur impiété ?

Voyez en quel état est aujourd'hui la France ,

Hors d'humaine espérance.

Les peuples les plus fiers du Couchant et du Nord Ou sont alliés d'elle ou recherchent de l'être ;

Et ceux qu'elle a fait naître Tournent tous leurs conseils pour lui donner la mort!

FRAGMENT

SUR LE MEME SUJET

Ames pleines de vents que la rage a blessées, Connoissez votre faute et bornez vos pensées

En un juste compas ; Attachez votre espoir à de moindres conquêtes; Briare avoit cent mains, Tiphon avoit cent têtes Et ce que vous tentez leur coûta le trépas.

Soucis, retirez-vous; faites place à la joie, Misérable douleur dont nous sommes la proie ;

Nos vœux sont exaucés.

Les vertus de la reine et les bontés célestes Ont fait évanouir ces orages funestes, Et dissipé les vents qui nous ont menacés.

Page 1