LIVRE III
Réservez le repos à ces vieilles années *,
Par qui le sang est refroidi.
Tout le plaisir des jours est en leurs matinées ; La nuit est déjà proche à qui passe midi.
CHANSON
POCR
M. LE DUC DE BELLEGARDE
AMOUREUX D'UNE DAME DE LA PLUS HAUTE CONDITION QUI FUT EN FRA.NCE ET MÊME EN EUROPE 2.
Mes yeux , vous m'êtes superflus :
Cette beauté qui m'est ravie Fut seule ma vue et ma vie, Je ne vois plus ni ne vis plus.
Qui me croit absent, il a tort :
Je ne le suis point, je suis mort.
i. Strophe charmante. Racan, qui souvent imite Malherbe, dit d'un manière moins heureuse et moins originale :
Tout le reste de la journée
N'a rien d'égal à la douceur
Des plaisirs de la matinée. Berg . acte I.
A. ChÈnier.
2. l'eut-être la jeune reine Anne d'Autriche, femme de Louis XIII. le duc de Bellegarde n'avait pas craint d'être le rival d'Henri IV auprès de la belle Gabrielle. Éojt.
O qu'en ce triste éloigneraient, Oïi la nécessité me traîne, Les dieux me témoignent de haine Et m'affligent indignement !
Qui me croit absent, il a tort :
Je ne le suis point, je suis mort.
Quelles flèches a la douleur Dont mon ame ne soit percée ?
Et quelle tragique pensée N'est point en ma pâle couleur ?
Qui me croit absent, il a tort :
Je ne le suis point, je suis mort.
Certes, où l'on peut m 'écouter, J'ai des respects qui me font taire; Mais en un réduit solitaire Quels regrets ne fais-je éclater !
Qui me croit absent, il a tort :
Je ne le suis point, je suis mort.
Quelle funeste liberté
Ne prennent mes pleurs et mes plaintes,
Quand je puis trouver à mes craintes
Un séjour assez écarté !
Qui me croit absent, il a tort :
Je ne le suis point , je suis mort.