LIVRE III
Aujourd'hui c'en est fait, elle est toute guérie; Et les soleils d'avril peignant une prairie, En leurs tapis de fleurs n'ont jamais égalé Son teint renouvelé.
Je ne la vis jamais si fraîche ni si belle ; Jamais de si bon cœur je ne brûlai pour elle, Et ne pensai jamais avoir tant de raison De bénir ma prison.
Dieux, dont la providence et les mains souveraines, Terminant sa langueur, ont mis fin à mes peines, Vous saurois-je payer avec assez d'encens L'aise que je ressens ?
Après une faveur si visible et si grande, Je n'ai plus à vous faire aucune autre demande; Vous m'avez tout donné, redonnant à mes yeux Ce chef-d'œuvre des cieux.
Certes vous êtes bons ; et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours, Ils l'obtiennent toujours.
Continuez, grands dieux, et ne faites pas dire, Ou que rien ici-bas ne connoît votre empire, Ou qu'aux occasions les plus dignes de soins Vous en avez le moins
Donnez-nous tous les ans des moissons redoublées, Soient toujours de nectar nos rivières comblées; Si Chrysânte ne vit et ne se porte bien , Nous ne vous devons rien.
EPIGRAMME