‹ PoésiesChapitre 154 sur 189 · DEPUIS REINE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DEPUIS REINE D'ANGLETERRE

Ne délibérons plus, allons droit à la mort ; La tristesse m'appelle à ce dernier effort ,

Et l'honneur m'y convie.

Je n'ai que trop gémi :

Si, parmi tant d'ennuis, j'aime encore ma vie,

Je suis mon ennemi.

O beaux yeux, beaux objets de gloire et de grandeur, Vive source de flamme, où j'ai pris une ardeur

Qui toute autre surmonte;

Puis-je souffrir assez, Pour expier le crime et réparer la honte

De vous avoir laissés ?

i. Il était fils de celui à qui nenri IV refusa de donner en mariage madame Catherine, sa sœur.

Ces stances furent mises en musique par Boisset le père, après la mort de Malherbe. Édit.

Quelqu'un dira pour moi que je fais mon devoir, Et que les volontés d'un absolu pouvoir

Sont de justes contraintes ;

Mais à quelle autre loi Doit un parlait amant des respects et des craintes

Qu'à celle de sa foi ?

Quand le ciel offriroit à mes jeunes désirs

Les plus rares trésors et les plus grands plaisirs

Dont sa richesse abonde ,

Que saurois-je espérer A quoi votre présence, ô merveille du monde,

Ne soit à préférer?

On parle de l'enfer et des maux éternels Baillés en châtiment à ces grands criminels

Dont les fables sont pleines;

Mais ce qu'ils souffrent tous, Le souffré-je pas seul en la moindre des peines

D'être éloigné de vous?

J'ai beau par la raison exhorter mon amour De vouloir réserver à l'aise du retour

Quelque reste de larmes;

Misérable qu'il est !

Contenter sa douleur et lui donner des armes ,

C'est tout ce qui lui plaît.

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