‹ PoésiesChapitre 153 sur 189 · LIVRE III. ?,4I · texte numérisé non relu

LIVRE III. ?,4I

Peuvent-ils pas justement dire Qu'un homme dans la tombe est un navire au port ?

Crois-moi, ton deuil a trop duré,

Tes plaintes ont trop murmuré ;

Chasse l'ennui qui te possède, Sans t'irriter en vain contre une adversité

Que tu sais bien qui n'a remède Autre que d'obéir à la nécessité.

Rends à ton ame le repos Qu'elle s'ôte mal à propos, Jusqu'à te dégoûter de vivre;

Et, si tu n'as l'amour que chacun a pour soi Aime ton prince, et le délivre

Du regret qu'il aura s'il est privé de toi.

Quelque jour ce jeune lion

Choquera la rébellion,

En sorte qu'il en sera maître ; Mais quiconque voit clair ne connoît-il pas bien

Que , pour l'empêcher de renaître , 11 faut que ton labeur accompagne le sien ?

La Justice le glaive en main

Est un pouvoir autre qu'humain

Contre les révoltes civiles.

Elle seule fait l'ordre, et les sceptres des rois

N'ont que des pompes inutiles, S'ils ne sont appuyés de la force des lois.

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