‹ PoésiesChapitre 157 sur 189 · A M LE CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

A M LE CARDINAL DE RICHELIEU

MINISTRE ET SECRÉTAIRE n'ÉTAT.

1623 ou 1624.

Grand et grand prince de l'Église , Richelieu, jusques à la mort, Quelque chemin que l'homme élise, Il e>t à la merci du Sort.

Nos jours filés de toutes soies Ont des ennuis comme des joies l ; Et de ce mélange divers 2 Se composent nos destinées , Comme on voit le cours des années Composé d'étés et d'hivers.

t Elégant et pur. A. Chenier.

:>.. Ainsi que le cours des années

Se forme de jours et de nuits, Le cercle de nos destinées Est marqué de joie et d'ennuis. Rousseau

Tantôt une molle bonace

Nous laisse jouer sur les Ilots ,

Tantôt un péril nous menace,

Plus grand que l'art des matelots ,

Et cette sagesse profonde,

Qui donne aux fortunes du monde

Leur fatale nécessité ,

N'a fait loi qui moins se révoque

Que celle du flux réciproque

De l'heur et de l'adversité.

l. Précision dans le goût d'Horace. A. Cbenier.

JJVIU; III. 24«)

SONNET

AU MKMK.

A ce coup nos frayeurs n'auront plus de raison, Grande ame, aux grands travaux sans repos adonnée Puisque par vos conseils la France est gouvernée, Tout ce qui la travaille aura sa guérison.

Tel que fut rajeuni le vieil âge d'Éson , Telle cette princesse, en vos mains résignée, Vaincra de ses destins la rigueur obstinée, Et reprendra le teint de sa verte saison.

Le bon sens de mon roi m'a toujours fait prédire Que les fruits de la paix combleroient son empire, Et comme un demi-dieu le feroient adorer ;

Mais voyant que le vôtre aujourd'hui le seconde, Je ne lui promets pas ce qu'il doit espérer, Si je ne lui promets la conquête du monde.

SONNET

AU ROI LOUIS XIII

Qu'avec une valeur à nulle autre seconde,

Et qui seule est fatale à notre guérison ,

Votre courage , mûr en sa verte saison ,

Nous ait acquis la paix sur la terre et sur l'onde;

Que l'Hydre de la France, en révoltes féconde, Pour vous soit du tout morte ou n'ait plus de poison . Certes, c'est un bonheur dont la juste raison Promet à votre front la couronne du monde.

Mais qu'en de si beaux faits vous m'ayez pour témoin , Connoissez-le, mon Roi, c'est le comble du soin Que de vous obliger ont eu les Destinées.

Tous vous savent louer, mais non également; Les ouvrages communs vivent quelques années, Ce que Malherbe écrit dure éternellement.

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