‹ PoésiesChapitre 168 sur 189 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

11 ne doit pas quitter ce lieu Ordonné par la loi de Dieu ; Car l'ame qui lui est transmise Félonne ne doit pas fuir Pour sa damnation encourir, Et être en l'Érèbe remise.

Désolé, je tiens ce propos,

Voyant approcher Atropos

Pour couper le nœud de ma trame;

Et ne puis ni veux l'éviter,

Moins aussi la précipiter ;

Car Dieu seul commande à mon aine

Non, Malherbe n'est pas de ceux Que l'esprit d'enfer a deceus Pour acquérir la renommée De s'être affranchis de prison Par une lame, ou par poison , Ou par une rage animée.

Au seul point que Dieu prescrira ,

Mon aine du corps partira

Sans contrainte ni violence ;

De l'enfer les tentations ,

Ni toutes mes afflictions

Ne forceront point ma constance.

Mais, La Garde, voyez comment On se divague doucement, Et comme notre esprit agrée De s'entretenir près et loin , Encor qu'il n'en soit pas besoin , Avec l'objet qui le récrée.

J'avois mis la plume à la mais, Avec l'honorable dessein De louer votre sainte Histoire; Mais l'amitié que je vous dois Par delà ce que je voulois A fait débaucher ma mémoire.

Vous m'étiez présent à l'esprit En voulant tracer cet écrit ; Et me sembloit vous voir paraître Brave et galant en cette cour, Où les plus huppés à leur tour Tâchoient de vous voir et connoître

Mais ores à moi revenu , Comme d'un doux songe avenu Qui tous nos sentiments cajole, Je veux vous dire franchement , Et de ma façon librement, Que votre Histoire est une école

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