‹ PoésiesChapitre 20 sur 189 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Aussi n'en veut -il pas, cependant qu'on attache A celui qui l'a t'ait des épines au front.

Au point accoutumé les oiseaux qui sommeillent , Apprêtés à chanter dans les bois se réveillent ; Mais voyant ce matin des autres différent, Remplis d'étonnement ils ne daignent paroître , Et font à qui les voit ouvertement connoître De leur peine secrète un regret apparent.

Le jour est déjà grand , et la honte plus claire De l'Apôtre ennuyé l'avertit de se taire , Sa parole se lasse, et le quitte au besoin; 11 voit de tous côtés qu'il n'est vu de personne; Toutefois le remords que son ame lui donne, Témoigne assez le mal qui n'a point de témoin

Aussi l'homme qui porte une ame belle et haute , Quand seul en une part il a fait une faute , S'il n'a de jugement son esprit dépourvu, Il rougit de lui-même; et, combien qu'il ne sente Rien que le ciel présent et la terre présente , Pense qu'en se voyant tout le monde l'a vu ' •

i. Il est plaisant de \oir Malherbe, comme .son modèle, su travailler m Onir chaque strophe par un trait d'esprit, presque toujours ridicule, du moins par la place qu'il occupe. A. Chenieii.

STANCES

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