LIVRE I
Mais elle étoit du inonde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ; Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
Puis quand ainsi seroit que, selon ta prière,
Elle auroit obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu'en fût-il avenu ?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d'accueil?
Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Periek, aussitôt que la Parque
Ote l'ame du corps, L'âge s'évanouit au deçà de la barque,
Lt ne suit point les morts.
Tilhon n'a plus les ans qui le firent cigale ;
Et Pluton aujourd'hui, Sans égard du passé, les mérites égale
D'Archémore * et de lui.
). Surnom d'Ophelles, fils de Lycurgue, roi du Némée, en l'houneur duquel furem établis les jeux Néméens. Stace, Thébaïde, liv. 4 et 5. Edit
Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes ;
Mais, sage à l'avenir, Aime une ombre comme ombre, et des cendres éteintes
Éteins le souvenir.
C'est bien, je le confesse, une juste coutume ,
Que le cœur affligé, Par le canal des yeux versant son amertume ,
Cherche d'être allégé.
Même quand il avient que la tombe sépare
Ce que nature a joint, Celui qui ne s'émeut a l'ame d'un barbare,
Ou n'en a du tout point.
Mais d'être inconsolable et dedans sa mémoire
Enfermer un ennui , N'est-ce pas se haïr pour acquérir la gloire
De bien aimer autrui ?
Priam qui vit ses fils abattus par Achille ,
Dénué de support Et hors de tout espoir du salut de sa ville,
Reçut du reconfort.
François, quand la Ca4ille, inégale à ses armes, Lui vola son dauphin 1,
i. François, dauphin de France, hlsatnéde François I. Il mourut em-