‹ PoésiesChapitre 60 sur 189 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Et qui peut uier qu'après Dieu , Sa gloire, qui n'a point d'exemples, N'ait mérité que dans nos temples On lui donne le second lieu * ?

Qui ne sait point qu'à sa vaillance Il De se peut rien ajouter; Qu'on reçoit de sa bienveillance Tout ce qu'on en doit souhaiter; Et que si de cette couronne, Que sa tige illustre lui donne, Les lois ne l'eussent revêtu , Nos peuples d'un juste suffrage Ne pouvoient, sans faire naufrage'-, Ne l'offrir point à sa vertu ?

Toutefois, ingrats que nous sommes,

Barbares et dénaturés,

Plus qu'en ce climat où les hommes

Par les hommes sont dévorés,

Toujours nous assaillons sa tête

De quelque nouvelle tempête;

Et d'un courage forcené ,

Rejetant son obéissance,

Lui défendons la jouissance

Du repos qu'il nous a donné.

(. Tous ces éloges-là sont dune gaucherie I A. Cuenibb. j itime parasile. a Chenieb.

La main de cet esprit farouche,

Qui, sorti des ombres d'enfer,

D'un coup sanglant frappa sa bouche , ,

A peine avoit laissé le fer ;

Et voici qu'un autre perfide,

Où la même audace réside,

Comme si détruire l'État

Tenoit lieu de juste conquête ,

De pareilles armes s'apprête

A faire un pareil attentat.

O soleil, ô grand luminaire!

Si jadis l'horreur d'un festin Fit que de ta route ordinaire Tu reculas vers le matin , Et d'un émerveillahle change Te couchas aux rives du Gange, D'où vient que ta sévérité, Moindre qu'en la faute d'Atrée, Ne punit point cette contrée D'une éternelle obscurité 2 ?

Non, non, tu luis sur le coupable, Comme tu fais sur l'innocent;

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