LIVRE II si
Il fait demeurer la malice
Aux bornes de quelque devoir,
Et que son invincible épée
Sous telle influence est trempée,
Qu'elle met la frayeur partout
Aussitôt qu'on la voit reluire .
Mais quand le malheur veut nous nuire,
De quoi ne vient-il point à bout:'
Soit que l'ardeur de la prière l
Le tienne devant un autel,
Soit que l'honneur à la barrière
L'appelle à débattre un cartel ,
Soit que dans la chambre il médite ,
Soit qu'aux bois la chasse l'invite,
Jamais ne t'écarte si loin ,
Qu'aux embûches qu'on lui peut tendre
Tu ne sois prêt à le défendre ,
Sitôt qu'il en aura besoin.
Garde sa compagne fidèle , Cette reine, dont les bontés De notre foiblesse mortelle Tous les défauts ont surmontés.
Fais que jamais rien ne l'ennuie ; Que toute infortune la fuie ;
i. Cette strophe est belle, surtout pour le tour, qui est le même que dons l'ode au duc de Bellegarde :
Soit que l'honneur de lu carrière, etc....
A. Chehier.
Et qu'aux roses de sa beauté L'âge, par qui tout se consume, Redonne contre sa coutume Les grâces de la nouveauté.
Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours , Que la seule mort soit le terme Qui puisse en arrêter le cours.
Bénis les plaisirs de leur couche , Et fais renaître de leur souche Des scions si beaux et si verts , Que de leur feuillage sans nombre ' A jamais ils puissent faire ombre Aux peuples de tout l'univers.
Surtout pour leur commune joie 2 Dévide aux ans de leur dauphin, A longs filets d'or et de soie, Un bonheur qui n'ait point de lin; Quelques vœux que fasse l'envie, Conserve-leur sa chère vie;