DE LA RENOMMÉE AU ROI HENRI -LE GRAND
DANS LE BALLET DE LA REINE DANSK Ail MOIS DE MARS 1609.
Pleine de langues et de voix, O Roi, le miracle des rois, Je viens de voir toute la terre, Et publier en ses deux bouts Que pour la paix ni pour la guerre Il n'est rien de pareil à vous.
Par ce bruit je vous ai donné Un renom qui n'est terminé Xi de fleuve , ni de montagne ; Et par lui j'ai fait désirer A la troupe que j'accompagne De vous voir et vous adorer.
Ce sont douze rares beautés , Qui de si dignes qualités Tirent un cœur à leur service, Que leur souhaiter plus d'appas,
C'est vouloir avec injustice
Ce que les cieux ne peuvent pas.
L'Orient , qui de leurs aïeux Sait les titres ambitieux, Donne à leur sang un avantage Qu'on ne leur peut faire quitter, Sans être issu «lu pareil tage, Ou de vous, ou de Jupiter.
Tout ce qu'à façonner un corps Nature assemble de trésors Est en elles sans artifice; Et la force de leurs esprits, D'où jamais n'approche le vice , Fait encore accroître leur prix.
Elles souffrent bien que l'Amour Par elles fasse chaque jour Nouvelles preuves de ses charmes ; Mais sitôt qu'il les veut toucher, 11 reconnoît qu'il n'a point d'armes Qu'elles ne fassent reboucher.
Loin des vaines impressions De toutes folles passions, La vertu leur apprend à vivre, Et dans la cour leur fait des lois Que Diane auroit peine à suivre, Au plus grand silence des bois
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Une reine qui les conduit De tant de merveilles reluit, Que le soleil qui tout surmonte, Quand même il est plus flamboyant , S'il ctoit sensible à la honte, Se cacheroit on la voyant.
Aussi le temps a beau courir, Je la ferai toujours fleurir Au rang des choses éternelles, Et, non moins que les immortels, Tant que mon dos aura des ailes , Son image aura des autels.
Grand Roi, faites-leur bon accueil; Louez leur magnanime orgueil Que vous seul avez fait ployable , Et vous acquérez sagement, Atin de me rendre croyable, La faveur de leur jugement.
Jusqu'ici vos faits glorieux Peuvent avoir des envieux ; • Mais quelles âmes si farouches Oseront douter de ma foi, Quand on verra leurs belles bouches Les raconter avecque moi ?
i;u poésjes.
STANCES 4