II- faut qu’on donne alors que l’on demande
Et la prière est nulle. . . . sans l’offrande. • .
En tel iftécheEque fait l’homme de dieu,
Ou le curé , car c’est tout un , je pense?*
Un fort pomfnier ombrageait le saint lieu,
Et, rapportant des fruits en abondance, . •
Etoit souvent du passant insultée ' •
Quoique l’on soit à eôté d’une église ,
Par le démon on peut être tenté , ‘ .
Ce démon— là fût— il la friandise. •
Notre curé , là-dessus se résout : - « Oh, oh, dit-il, puisque je suis a bout,
« Et que mon saint va menaçant ruine ,
« Ce pommier* là justement est mon, fait.
. « Je couperai l’arbre , dans ça, racine,
« Saint il serâ.< » Saint il fut en effet. •
Du devancier la gloire ainsi s’oublie ; . '.
4a ÉPITRES.
Notre curé d’un saint fit- un martyr.
Au loin pourtant (qiii.peut me démentit?) -
Sa renommée étoit bien établie.
Nul il eut pu dire alors qu’il commença ;
Depuis un sièçle ou deux,... il étoit là.
Cent ans èt plus, cela fait au prestige. - Disons le mot , le curé s’y trompa Ce bon prouvère avoit’plus d ? un vertige :
Il prit la grave et saintè antiquité
Pour la vieillesse et la caducité. „
Du vieux patron arraché ;de sa châsse,
Un beau matin, le saint en vacourei ,
Par un artiste aS>ez mal dégrossi,- En conquérant vint usurper la place. - . » • , ■ < •
Ne sais encor qui peut donner aux traité Du jouvence! Un air de saint postiche,.
Moi, qui l’ai vu, car, disons vrai, jamais Saint moins béat ne fut dans une .uichef ' Hejas ! bientôt déjà l’homme dé- bien
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, ÉPITRES.-
]N aperçoit plus ni gâteaux ni guirlandes, Cierges bénits, ni dévotes offrandes.
Et dans le tronc Ton ne jettoit plus rien.
— Oh î pour mon saint le zèle se relâche.
— Mon cher pasteur, reprit le margùiflier, Homme'dè sens , on dut s’en défiér :
Il ne faut pàs qu’un tel avis vous fâche :
Ce patron-là , .nous l’avons vu pommier.
KPITRES.