‹ Poesies fugitivesChapitre 13 sur 59 · II- faut qu’on donne alors que l’on demande · texte numérisé non relu

II- faut qu’on donne alors que l’on demande

Et la prière est nulle. . . . sans l’offrande. • .

En tel iftécheEque fait l’homme de dieu,

Ou le curé , car c’est tout un , je pense?*

Un fort pomfnier ombrageait le saint lieu,

Et, rapportant des fruits en abondance, . •

Etoit souvent du passant insultée ' •

Quoique l’on soit à eôté d’une église ,

Par le démon on peut être tenté , ‘ .

Ce démon— là fût— il la friandise. •

Notre curé , là-dessus se résout : - « Oh, oh, dit-il, puisque je suis a bout,

« Et que mon saint va menaçant ruine ,

« Ce pommier* là justement est mon, fait.

. « Je couperai l’arbre , dans ça, racine,

« Saint il serâ.< » Saint il fut en effet. •

Du devancier la gloire ainsi s’oublie ; . '.

4a ÉPITRES.

Notre curé d’un saint fit- un martyr.

Au loin pourtant (qiii.peut me démentit?) -

Sa renommée étoit bien établie.

Nul il eut pu dire alors qu’il commença ;

Depuis un sièçle ou deux,... il étoit là.

Cent ans èt plus, cela fait au prestige. - Disons le mot , le curé s’y trompa Ce bon prouvère avoit’plus d ? un vertige :

Il prit la grave et saintè antiquité

Pour la vieillesse et la caducité. „

Du vieux patron arraché ;de sa châsse,

Un beau matin, le saint en vacourei ,

Par un artiste aS>ez mal dégrossi,- En conquérant vint usurper la place. - . » • , ■ < •

Ne sais encor qui peut donner aux traité Du jouvence! Un air de saint postiche,.

Moi, qui l’ai vu, car, disons vrai, jamais Saint moins béat ne fut dans une .uichef ' Hejas ! bientôt déjà l’homme dé- bien

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, ÉPITRES.-

]N aperçoit plus ni gâteaux ni guirlandes, Cierges bénits, ni dévotes offrandes.

Et dans le tronc Ton ne jettoit plus rien.

— Oh î pour mon saint le zèle se relâche.

— Mon cher pasteur, reprit le margùiflier, Homme'dè sens , on dut s’en défiér :

Il ne faut pàs qu’un tel avis vous fâche :

Ce patron-là , .nous l’avons vu pommier.

KPITRES.

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