LE PATRON. DU VILLAGE ET LE POMMIER
A M. AUGUSTE DE LA SALLE , QUI m’eN^VOIT DONNÉ LE SUJET , BIEN AVANT LA RESTAURATION.
Au bon vieux teins , certain curé , dit-on , \ Logeoit chez lui , j’entends dans son e'glise , Un pauvre saint fameux dans le canton , Pauvre je dis , car de sa barbe grise ,
Barbe, Dieu sait, que sans peine on eut prise Dans Israël pour la barbe d’Aaron ,
A peine un poil lui restoit au menton.
Ce saint, du reste, avoit Pâme si bonne
KPITRES.
Que , bien qu’il fût depuis long-tems perclus , Sa charité ne de'daignoit personne.
Propice à tous , à qui croit-on qu’il donne Vivre et couvert... ? on ne peut rien de plus. Vous le saurez : suivons notre aventure.
Son corps usé servoit d’asile aux rats , Vrais rats d’église et vivant sur la cure ; À ses dépens tous prenoient leurs repas :
Cuisse de saint est friande pâture.
Notre curé pourtant gémit tout bas ,
Pour le patron des ans craignant l’injure.
La rime veut qu’entre ses dents il jure. Un sacristain l’eût fait en pareil cas , Mais un curé certes ne jure pas.
Ce saint étoit grand faiseur de miracles :
Antiquité ne nuit point au renom ,
Et même on dit qu’il rend oit des oracles , Point ne manquoit de versets , d’oraison.
Partout cadeaux lui venoient à foison *
KPÏTRES. V»
A lui , non pas, mais, à l’homme à prébaude,
Car,- tel est l’us, même eu bonne maison , ■