‹ Poesies fugitivesChapitre 41 sur 59 · WI · texte numérisé non relu

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Reviens, ma fille, ■ ■ *****

De tdn exil j’ai trop gémi :

Reviens au sein dé la famille ;

Je* ne suis père qu'à demi , ;

Loirt de ma fillè !

Reviens , ma fille, > . 4 ’ .

Auprès de ton meillëur aftii :

D’un vif éclat soq œiijpétjne Te voyant accourir vers lui.

Reviens, mi fille:

- ROMANCES

Reviens, ma fille: •

Morne , et flétripar la douleur ,

J’étais sans appui , sans famille ,

Reviens, j’ai retrouvé mon cœur Ayec ma fille. • . • ’ • '

, J’ai vu ma fille

Dormir sous le toit paternel ;

# • , , * « Pour moi quel jour pur naît ét brille

Quel ange est descendu du ciel ?

C’est bien ma fille.

Ailleurs ma fille , . *

Te voir dépérir tristement ,

Comme l’herbe sous’ la faucille',

Est— ce voir.., c’est à tout moment .

Quitter sa fille ! • ’

Ma chèrè fille, ‘ ; i • •

Le plus funeste coup du çftrt

15* ROMANCES

Dans le deuil plongea ta famille..- .

Puissé-jc ctre-ta mère encor',

Ma.chèr-e tille! , .

, .. Ma chère fille, . . * v

Celle que'je n’ose nommer ,

Au ciel attendant sa famille, ^

M’a laissé son' ctjeuFjpour t'aimer./

Ma pauvre fille ! . • . .

ROMANCES

lv'»J

ISAUBE ET LEÜFFROY.

Air : Des filles à marier.

ïsaore était' vive et jalouse j- • • *

LeiifFjroy facile -à s’imtèr. r. • . * ■'

Des noirs^soupeonS de son épouse

Son cœur semble se révolter;'

Mille projets dans sa pensée , >

Roulèrtt... et des flots argentés'

Imitant la fougue insensée

Par lè torrent sont emportes..

Plus de *pâix { plus de'sympaîltie : > >

Le fier LçufTroy devant rôVéuf

134 ROMANCES

Ses yeux distraits sur son amie • \ . .

* Ne tombent plusqu’avec douleur.

« Tu ne m’aimçs plus, lui dit-elle,

• ■ « — Ce n’est ma faute , dit Lçuffroy;

. « Pour t’aimer j’ai fait tout , cruel le ,

« Et tout pour être aimé de toi . r . -

« En ce moment , te .le. confesse , .

’ « J’ignore l’état de mon coeur.

« Un souvenir amer le blesse... , •.

« Le soutient espoir. de bonheur. ; .

« Mon orne à peine peut suffire

« À ce 1 long èt pénible effort. . ..

•< Isaure..;. ceqyte puis té dire,. . .

« C’est que voudrais t’admet encor !

$ <c — Tu le voudrais ! mot plein de çharmes ,

fp Qui, seul renferme un tendre aveu !

« Par les plus doux torrents de larmes t .

« De discorde étouffons le feu: *

‘ ROMANCES. . i35

« Déjà celui qui me cpnsume ,

« Aussi* pur que l’astre du jour, .

« Écarte l’autre... et se rallume

'« Au: flambeau d’un premier amour, >» 1 J

Dès cet instant ils s’embrassèrent ,

Se chérirent dès cèt instant:

Le difai-je?... se pardonnèrent!...

Mot terrible. . . mot ravissant !

Que les coeurs savent mieux s’entendre ,

Lorsqu’on fait grâce tour à tour ,

Lorsque c’est l’amour le plus tendre Qui pardonne au plus teqdre. amour!

ROJHANGES;.

LOUIS I)E LA ROGHEJ AQUELEIN

, Air : De Thorigny. . >

Lts jours'de la chevalerie •

Déjà penchaient vers leur déclin;

Ont reparu, dans ma patrie;

Oyçz Là Rocheja^uelein : *

■ « Que tout Français ràe porte envie, 1 « Je vais combattre pour mon roi ;

« Si je fuis , ôtez-inoi la vie

« Si je succombe, vengez-moi. (i) »

(0 R n’est personne qui n’ait retenti la harangue si

brève et si énergique de Henri de La Roche jaquelein ,

ROMANCES

Ce mot que Henri fit entendre, .

Des siens la devise aujourd’hui, *

Louis , non moins brave que tendre

Le répète encore ajprès^^^

« Que tout Français, etc.

Trop chère épouse, douce amie,

Il vient de voler dans tes bras.

Dcvçir lui parle , lumqeur lüi.erie:

Retourne ù de nouveaux combat».

« Que tout Français, etc.

De loin encor la voix l’appelle , >

. C’est la voix doq)ius pur autour ,

frère de Louis. Voulant jeter Quelques, fleurs sur la tombe de cç dernier, pouvois-jé employer des expressions plus touchantes que celles-ci, devenues;' comme l’a prouve dans une occasion importante màdèmeièellé de LaRoche jaquelein .leur sœur, un véritable titre, un he'rilagedc famille.

58 * llOMA'NCES;

T/op .douce voix,., mais n!est plus ««lie Qu'A fui faut entendre en çe jour.'

« Que tout Français, etc.

.le te qùitfe ,#pRls# chérie,

Nos jours sont dans la main de Dieu;

/Puisse -Ce baiser, tendre amie ,

Ne pas sceller dernier adieu.,

* Que tout Français, etc. ■

Il ceint cette écharpe brillante .

Dont jadi& l’ornèrent tes jnaiiis ,

Et court reporter l’épouvante Au.camp des ibravès Vendéens,

« Que tout Français, v etc. - .

Là , contre lui , sur la bruyère Ou s’avancé dè toutes parts ,

Lorsqu’une balle meurtrière Le frappe au milieü des hasards.

tt Que tout.Français me porte envie,

« Je combats encor pour mon roi, etc.

ROMANCES

Al* ! dî-t-ril , je respire encore ,

Mais c ? est d’ennemis entouré.

De mon sang la soif les dévore ;

Bien cher du moins ic le vendrai.

« Que tout Français , etc..

Vainement la mort au teint blême »

L’a choisi parmi ces guerriers ;

Sous le tranchant de sa faux même Il moissonne encor des lauriers. ,

« Que tout Français, etc.

A ses côtés sur la poussière ,

Trop digne objet de ses regrets !

Des lis s’échappe la.bannière.. ,

Les lis sont changés en cyprès-’

« Que tout Français* etc.

Non moins qu’amoür, gloire le touche :

Entrecoupés, interrompu!?...

Ces fiers accents sont- de, sa bouche -

Leâ derniers qu’on gît entendu^:

« Que.toet Français me porte envie; «.

« Je combats encor pour mon roi « Si je fuis , ôtei-moi 1 » vie ;

« Si je succombe, vengez-moi. >» •-

ROMANCES

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