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Reviens, ma fille, ■ ■ *****
De tdn exil j’ai trop gémi :
Reviens au sein dé la famille ;
Je* ne suis père qu'à demi , ;
Loirt de ma fillè !
Reviens , ma fille, > . 4 ’ .
Auprès de ton meillëur aftii :
D’un vif éclat soq œiijpétjne Te voyant accourir vers lui.
Reviens, mi fille:
- ROMANCES
Reviens, ma fille: •
Morne , et flétripar la douleur ,
J’étais sans appui , sans famille ,
Reviens, j’ai retrouvé mon cœur Ayec ma fille. • . • ’ • '
, J’ai vu ma fille
Dormir sous le toit paternel ;
# • , , * « Pour moi quel jour pur naît ét brille
Quel ange est descendu du ciel ?
C’est bien ma fille.
Ailleurs ma fille , . *
Te voir dépérir tristement ,
Comme l’herbe sous’ la faucille',
Est— ce voir.., c’est à tout moment .
Quitter sa fille ! • ’
Ma chèrè fille, ‘ ; i • •
Le plus funeste coup du çftrt
15* ROMANCES
Dans le deuil plongea ta famille..- .
Puissé-jc ctre-ta mère encor',
Ma.chèr-e tille! , .
, .. Ma chère fille, . . * v
Celle que'je n’ose nommer ,
Au ciel attendant sa famille, ^
M’a laissé son' ctjeuFjpour t'aimer./
Ma pauvre fille ! . • . .
ROMANCES
lv'»J
ISAUBE ET LEÜFFROY.
Air : Des filles à marier.
ïsaore était' vive et jalouse j- • • *
LeiifFjroy facile -à s’imtèr. r. • . * ■'
Des noirs^soupeonS de son épouse
Son cœur semble se révolter;'
Mille projets dans sa pensée , >
Roulèrtt... et des flots argentés'
Imitant la fougue insensée
Par lè torrent sont emportes..
Plus de *pâix { plus de'sympaîltie : > >
Le fier LçufTroy devant rôVéuf
134 ROMANCES
Ses yeux distraits sur son amie • \ . .
* Ne tombent plusqu’avec douleur.
« Tu ne m’aimçs plus, lui dit-elle,
• ■ « — Ce n’est ma faute , dit Lçuffroy;
. « Pour t’aimer j’ai fait tout , cruel le ,
« Et tout pour être aimé de toi . r . -
« En ce moment , te .le. confesse , .
’ « J’ignore l’état de mon coeur.
« Un souvenir amer le blesse... , •.
« Le soutient espoir. de bonheur. ; .
« Mon orne à peine peut suffire
« À ce 1 long èt pénible effort. . ..
•< Isaure..;. ceqyte puis té dire,. . .
« C’est que voudrais t’admet encor !
$ <c — Tu le voudrais ! mot plein de çharmes ,
fp Qui, seul renferme un tendre aveu !
« Par les plus doux torrents de larmes t .
« De discorde étouffons le feu: *
‘ ROMANCES. . i35
« Déjà celui qui me cpnsume ,
« Aussi* pur que l’astre du jour, .
« Écarte l’autre... et se rallume
'« Au: flambeau d’un premier amour, >» 1 J
Dès cet instant ils s’embrassèrent ,
Se chérirent dès cèt instant:
Le difai-je?... se pardonnèrent!...
Mot terrible. . . mot ravissant !
Que les coeurs savent mieux s’entendre ,
Lorsqu’on fait grâce tour à tour ,
Lorsque c’est l’amour le plus tendre Qui pardonne au plus teqdre. amour!
ROJHANGES;.
LOUIS I)E LA ROGHEJ AQUELEIN
, Air : De Thorigny. . >
Lts jours'de la chevalerie •
Déjà penchaient vers leur déclin;
Ont reparu, dans ma patrie;
Oyçz Là Rocheja^uelein : *
■ « Que tout Français ràe porte envie, 1 « Je vais combattre pour mon roi ;
« Si je fuis , ôtez-inoi la vie
« Si je succombe, vengez-moi. (i) »
(0 R n’est personne qui n’ait retenti la harangue si
brève et si énergique de Henri de La Roche jaquelein ,
ROMANCES
Ce mot que Henri fit entendre, .
Des siens la devise aujourd’hui, *
Louis , non moins brave que tendre
Le répète encore ajprès^^^
« Que tout Français, etc.
Trop chère épouse, douce amie,
Il vient de voler dans tes bras.
Dcvçir lui parle , lumqeur lüi.erie:
Retourne ù de nouveaux combat».
« Que tout Français, etc.
De loin encor la voix l’appelle , >
. C’est la voix doq)ius pur autour ,
frère de Louis. Voulant jeter Quelques, fleurs sur la tombe de cç dernier, pouvois-jé employer des expressions plus touchantes que celles-ci, devenues;' comme l’a prouve dans une occasion importante màdèmeièellé de LaRoche jaquelein .leur sœur, un véritable titre, un he'rilagedc famille.
58 * llOMA'NCES;
T/op .douce voix,., mais n!est plus ««lie Qu'A fui faut entendre en çe jour.'
« Que tout Français, etc.
.le te qùitfe ,#pRls# chérie,
Nos jours sont dans la main de Dieu;
/Puisse -Ce baiser, tendre amie ,
Ne pas sceller dernier adieu.,
* Que tout Français, etc. ■
Il ceint cette écharpe brillante .
Dont jadi& l’ornèrent tes jnaiiis ,
Et court reporter l’épouvante Au.camp des ibravès Vendéens,
« Que tout Français, v etc. - .
Là , contre lui , sur la bruyère Ou s’avancé dè toutes parts ,
Lorsqu’une balle meurtrière Le frappe au milieü des hasards.
tt Que tout.Français me porte envie,
« Je combats encor pour mon roi, etc.
ROMANCES
Al* ! dî-t-ril , je respire encore ,
Mais c ? est d’ennemis entouré.
De mon sang la soif les dévore ;
Bien cher du moins ic le vendrai.
« Que tout Français , etc..
Vainement la mort au teint blême »
L’a choisi parmi ces guerriers ;
Sous le tranchant de sa faux même Il moissonne encor des lauriers. ,
« Que tout Français, etc.
A ses côtés sur la poussière ,
Trop digne objet de ses regrets !
Des lis s’échappe la.bannière.. ,
Les lis sont changés en cyprès-’
« Que tout Français* etc.
Non moins qu’amoür, gloire le touche :
Entrecoupés, interrompu!?...
Ces fiers accents sont- de, sa bouche -
Leâ derniers qu’on gît entendu^:
« Que.toet Français me porte envie; «.
« Je combats encor pour mon roi « Si je fuis , ôtei-moi 1 » vie ;
« Si je succombe, vengez-moi. >» •-
ROMANCES