‹ Poesies fugitivesChapitre 43 sur 59 · ROMANCE ADRESSEE A ELLE · texte numérisé non relu

ROMANCE ADRESSEE A ELLE

Air :

L’hiver qui flétrit la verdure ,

Jusqu’à la tendre fleur qu’un jour voit dépérir , Tout répète dans la nature :

Il faut mourir.

Toi pour qui seule je respire ,

De tant d’amour c’est toi qui semblés me punir T C’est toi qui me forces de dire :

Il faut mourir.

ROMANCES

Amant délicat et timide,

Ne vivais que pour toi , que pour mieux te chérir ; Je t’éprouve ingrate et perfide,

Il faut mourir.

Hélas ! être aimé comme on aime Est un bien dont mon coeur un instant crut jouir. Quand on perd ce bonheur suprême ,

Il faut mourir.

Aux jours d’orage ou par la guerre ,

A mes côtés j’ai vu tous mes amis périr:

Ne me reste rien sur la terre :

Il faut mourir.

ROMANCES

Page 1