PLUS NE M’EST RIEN
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riedUhM u- VALENTINE DU MÉLAfe
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Air d’Arislippe.
Plus n’est rien pour ta "Valentine, Preux duc , tendre époux , doux ami !
Main perfide , main assassine En ce monde tout m’a ravi.
Etrangère aux rives de France
Où tout mon bonheur était tien :
ROMANCES
Qu’est à présent mon espérance?
Rien ne m’est plus , plus ne m’est rien.
Pour ce tant beau pays de France Qu’arrose aujourd’hui de mes pleurs Où m’étais tant promis d’avance Plaisirs purs , constantes douceurs, Me fallut quitter ma patrie,
Romjh^rprîhs^ônklleureux lien ,
Mais me disais : suis son amie,
Rien ne m’est plus, plus ne m’est rien.
Toi que noble franchise livre Au glaive d’ennemis sans foi ,
Auprès de toi seul voulais vivre ,
Et toi , ne vivais que pour moi.
Disais à moi : beauté divine ,
Amour est-il égal au mien?
Sans le cœur de ma Valentine ,
Rien ne m’est plus , plus ne m’est rien.
ROMANCES
Veux qu’aussi le trépas m’arrache A dès maux que ne puis souffrir,
Qu’au destin d’ami mien s’attache ,
Avec lui du moins puis mourir.
Pardonne à moi , bonté suprême ,
A moi qui vis là tout mon bien,
Si profère si grand blasphème :
Rien ne m’est plus , plus ne m’est rien.
Au tombeau d’icelui mourante S’ensevelit pendant trois jours.
Un jeune enfant on lui présente Fruit de leurs tant douces amours (1) :
« Moi , pauvret , tes secours implore :
« Suis ton fils, serai ton soutien.
* Le jeune Duc d’Angoulême , appelé depuis Charles d’Orléans, qui sembla vouloir consoler sa captivité par ses charmantes poésies, et qui prépara le bonheur de la France en devenant père de Louis XII.
ROMANCES
« Pas n’est le tems de dire encore :
« Rien ne m’est plus , plus ne m’est rien. »
D’aimable enfant voix si touchante,
De tendresse invoquant l’appui ,
Ranima force défaillante,
Consentis de vivre pour lui ,
Oui , plaignons ta douleur amère ,
Mais grand’ dame, souviens-toi bien Ne point dire quand on est mère:
Rien ne m’est plus , plus ne m’est rien.
ROMANCES