A M- DE BOUFFLERS
Honneur des chevaliers , la fleur des troubadours , Ornement du beau monde, et délices des cours. Tu veux donc, dans le sein de ton champêtre asile.
Vivre oublié ? La chose est difficile Pour toi que le bon goût recherchera toujours.
£n vain , dans un réduit agreste Le campagnard mondain , le poète modeste , L'aimable paresseux veut être enseveli ;
Toujours pour toi coulera le Permesse , Et jamais le fleuve d'oubli.
Ces vers pleins de délicatesse ,
Où ta Muse présente au lecteur enchanté ,
La grâce et la raison , l'esprit et la bonté ,
La bonhomie et la finesse ,
. L'élégance avec la justesse,
La profondeur et la légèreté,
Souvent , avec un art extrême.
Prête au bon sens l'accent de la gaîté,
-— ^— ■— — . I I ■!■■■■ I I I ■ mi ^
à ce cpi'il se devait à lui-même, à ce que des établissements , qui pouvaient périr sans lui , semblaient exiger de son intarissable charité. M. Garron a publie plusieurs ouvrages où Ton remarque cette onction qui semble caractériser toutes les actions de sa vie. Ses Pensées chrétiennes ^ pour tous les jours de l'année, contiennent tout ce que la morale évangélique a de plus pur et de plus consolant. On y trouve partout le ton pathétique de Fénélon , réuni à la sublime doctrine des Pères de FËglise. Cet ouvrage , qui a eu un grand succès hors de France , a ensuite été réimprimé à Paris avec le même succès.
Et se calomnie elle-même Par un air de frivolité ; Ces titres heureux de ta gloire Seront toujours présents à la mémoire.
Digne à-la-fois des palais et des champs ^ Ton AUne toujours aura ces traits touchants Qu'elle reçut de ta Muse facile ^ Lorsque ton pinceau séducteur^ Toujours brillant^ toujours fertile^ Gai comme ton esprit ^ et pur comme ton coeur ^ Entre le dais et la coudrette^ Entre le sceptre et là houlette^ Nous peint cet objet enchanteur Moitié princesse et moitié bergerette.
Malgré toi tout Paris répétera tes chants ; Et toujours tu joindras^ dans ton aimable style ^ A la simplicité des champs^ Toutes les grâces de la ville.
Puis^ quand il serait vrai que tes modestes vœux Pussent s'accon]imoder de ces rustiques lieux y Pourrais-tu bien^ au fond d'une campagne, Contre les vœux des Grâces, des Amours, Enterrer l'aimable compagne A qui nous devons tes beaux jours?
Si tu n'avais de ton doux hyménée Reçu poui: dot qu'un immense trésor, Je te dirais : u Va dans la sohtude » Cacher tes jours, et ta femme et ton or, » Et d'un triste richard l'avare inquiétude. » Mais l'esprit , la beauté , sont &its pour le grand jour,
La ville est leur empire , et le monde leur cour : Le sage créateur du monde Ensevelit lés métaux corrupteurs Au sein d'une mine profonde ; Il cache For, et nous montre les fleurs. Si toutefois , dans ton humeur austère , Las du monde et de $es travers, Tu veux, dans le fond des déserts.
Cacher ton loisir solitaire ,
Avec tes goûts nouveaux permets-nous de traiter; Prenons un temps pour nous quitter :
Attends que tu cesses de plaire , Et tes vers de nous enchanter.
Alors, puisqu'il le faut, sois agricole , range Tes fruits nouveaux dans tes celliers , Tes blés battus dans tes greniers , Tes blés en geftes dans ta grange , Dans tes caveaux tes choux rouges ou verts.
Mais que m'importe ta vendange ,
A moi qui m'enivrai du nectar de tes vers , Et quelquefois de ta louange ?
Plus d'un contrefacteur du vin le plus parfait.
Des pressoirs de Pomard et des cuves du Rhône ,
Des crus de Jurançon , de Tavel et de Beaune , Sait assez bien imiter le fumet ;
Même d'un faux Ai la mousse mensongère , En pétillant dans la fougère , Trompe souvent plus d'un gourmet ; Mais tes écrits ont un bouquet Que nul art ne peut contrefaire.
VERS
A une jeune Personne qui aidait quêté le matin à V église y et qui dansait le soir a un bal <Vami.
Pour l'indigent quand vous allez en quête , Vous obtenez pour lui d^abondantes faveurs ; Quand vous dansez dans une aimable fête ^ Sans les quêter, vous gagnez tous les cœurs.