‹ Poésies fugitives de Jacques DelilleChapitre 32 sur 45 · A M™*. ET M"% VAILLANT DE BRULE · texte numérisé non relu

A M™*. ET M"% VAILLANT DE BRULE

Grand merci, belle Caroline,

Grand merci , charmante Claudine , De ces riches tissus travaillés par vos mains ;

Les rois même en seraient vains.

Ces mailles , de Y ulcain ingénieux ouvrage , Qui , sur Mars et Vénus expiant son outrage , Dans le même filet les surprirent tous deux , Et de leur embarras amusèrent les Dieux;

Pallas , dont l'aiguille savante Mariait les couleurs sur la toile vivante ; Ârachné , que perdit un défi périlleux ,

Et dont le changement funeste

De la tapissière céleste

Vengea le dépit orgueilleux ;

ai6 POÉSIES

Enfin tous ces arts merveilleux ,

Jadis si vantés dans la Grèce , Auraient cédé la palme à votre heureuse adresse^ Plus clairvoyant je l'admirerais mieux ;

Privé de la douce lumière^

De l'ingénieuse ouvrière A peine j'entrevois le travail précieux , Mais mon cœur en jouit au défaut de mes yeux.

VERS

Pour le Portrait de M^^». Dilette, sœur de

M"*«. Delille.

Son regard peint la hienveillance y Son charme est la bonté ^ sa grâce est la décence; De notre humble ménage elle fait les douceurs;

Far ses vertus nous rappelle sa mère , Met sa félicité dans celle de ses sœurs ^ Et s'embellit des pleurs qu'elle doune à son père.

Page 1