A M™*. ET M"% VAILLANT DE BRULE
Grand merci, belle Caroline,
Grand merci , charmante Claudine , De ces riches tissus travaillés par vos mains ;
Les rois même en seraient vains.
Ces mailles , de Y ulcain ingénieux ouvrage , Qui , sur Mars et Vénus expiant son outrage , Dans le même filet les surprirent tous deux , Et de leur embarras amusèrent les Dieux;
Pallas , dont l'aiguille savante Mariait les couleurs sur la toile vivante ; Ârachné , que perdit un défi périlleux ,
Et dont le changement funeste
De la tapissière céleste
Vengea le dépit orgueilleux ;
ai6 POÉSIES
Enfin tous ces arts merveilleux ,
Jadis si vantés dans la Grèce , Auraient cédé la palme à votre heureuse adresse^ Plus clairvoyant je l'admirerais mieux ;
Privé de la douce lumière^
De l'ingénieuse ouvrière A peine j'entrevois le travail précieux , Mais mon cœur en jouit au défaut de mes yeux.
VERS
Pour le Portrait de M^^». Dilette, sœur de
M"*«. Delille.
Son regard peint la hienveillance y Son charme est la bonté ^ sa grâce est la décence; De notre humble ménage elle fait les douceurs;
Far ses vertus nous rappelle sa mère , Met sa félicité dans celle de ses sœurs ^ Et s'embellit des pleurs qu'elle doune à son père.