‹ Poésies: Iambes et poèmesChapitre 10 sur 80 · Livre à qui veut ses flancs ouverts · texte numérisé non relu

Livre à qui veut ses flancs ouverts

C'est la merl c'est la mer! — d'abord calme et sereine,

La mer, aux premiers feux du jour, Chantant et souriant comme une jeune reine,

La mer blonde et pleine d'amour ; La mer baisant le sable, et parfumant la rive

Du baume enivrant de ses flots, Ht berçant sur sa gorge ondoyante et lascive

Son peuple brun de matelots ; Puis la mer furieuse et tombée en démence,

Et de son lit silencieux Se redressant géante, et de sa tête immense

Allant frapper les sombres cieux;

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Puis courant çà et là, hurlante, échevelée,

Et sous la foudre et ses carreaux Bondissant, mugissant dans sa plaine salée,

Comme un combat de cent taureaux ; Puis, le corps tout blanchi d'écume et de colère,

La bouche torse, l'œil errant.

Se roulant sur le sable et déchirant la terre

Avec le râle d'un mourant; Et, comme la bacchante, enfin lasse de rage,

N'en pouvant plus et sur le flanc Retombant dans sa couche, et lançant à la plage

Des têtes d'hommes et du sang!...

Février iS^i.

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