Livre à qui veut ses flancs ouverts
C'est la merl c'est la mer! — d'abord calme et sereine,
La mer, aux premiers feux du jour, Chantant et souriant comme une jeune reine,
La mer blonde et pleine d'amour ; La mer baisant le sable, et parfumant la rive
Du baume enivrant de ses flots, Ht berçant sur sa gorge ondoyante et lascive
Son peuple brun de matelots ; Puis la mer furieuse et tombée en démence,
Et de son lit silencieux Se redressant géante, et de sa tête immense
Allant frapper les sombres cieux;
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Puis courant çà et là, hurlante, échevelée,
Et sous la foudre et ses carreaux Bondissant, mugissant dans sa plaine salée,
Comme un combat de cent taureaux ; Puis, le corps tout blanchi d'écume et de colère,
La bouche torse, l'œil errant.
Se roulant sur le sable et déchirant la terre
Avec le râle d'un mourant; Et, comme la bacchante, enfin lasse de rage,
N'en pouvant plus et sur le flanc Retombant dans sa couche, et lançant à la plage
Des têtes d'hommes et du sang!...
Février iS^i.