LA POPULARITÉ
Si cette âme splendide, étonnant le vulgaire
Et le frappant de son éclat, Montait, avec l'appui de la main populaire,
S'asseoir au timon de l'Etat ; Alors je lui crîrais de ma voix de poète
Et de mon cœur de citoyen :
Homme placé si haut, ne baisse pas la tête,
Marche, marche et n'écoute rien 1 Laisse le peuple en bas applaudir à ton rôle
Et se repaître de ton nom :
Laisse-le te promettre un jour même l'épaule
Pour te porter au Panthéon !
^Larche ! et ne pense pas à son temple de pierre ;
Souviens-toi que, changeant de goût.
Sa main du Panthéon peut chasser ta poussière
Et la balayer dans l'égout!
Marche pour la patrie et sans qu'il nous en coûte
Marche en ta force et le front haut; Et dût ton pied heurter à la fin de ta route
Le seuil sanglant d'un échafaud, Dût ta sublime tête, ô royale victime !
Tomber au bruit d'un vil tambour; Du peuple quel qu'il soit ne cherche que l'estime,
Ne redoute que son amour!...
La popularité! — c'est la grande impudique
Qui tient dans ses bras l'univers, «
Q.ui le ventre au soleil, comme la nymphe antique, "