L IDOLE
Qui tombe de la voûte, et l'assaut qui commence;
Chaque lingot se prend au flanc; Et ce ne sont que bonds, rugissements, délire,
Cuivre sur plomb et plomb sur fer; Tout s'allonge, se tord, s'embrasse et se déchire
Comme des damnés en enfer.
Enfin l'œuvre est finie, enfin la flamme est morte,
La fournaise fume et s'éteint, L'airain bouillonne à flots ; chauffeur, ouvre la porte
Et laisse passer le hautain !
O fleuve impétueux! mugis et prends ta course.
Sors de ta loge, et d'un élan, D'un seul bond lance-toi comme un flot de la source,
Comme une flamme du volcan !
La terre ouvre son sein à tes vagues de lave ;
Précipite en bloc ta fureur, Dans le moule profond, bronze, descends esclave,
Tu vas remonter empereur.
32 ïambes
Encor Napoléon ! encor sa grande image !
Ah ! que ce rude et dur guerrier Nous a coûté de sang, de larmes et d'outrage
Pour quelques rameaux de laurier!
Ce fut un triste jour pour la France abattue,
Quand du haut de son piédestal, Comme un voleur honteux, son antique statue
Pendit sous un chanvre brutal.
Alors on vit au pied de la haute colonne,
Courbé sur un câble grinçant.
L'étranger, au long bruit d'un hourra monotone,
Ebranler le bronze puissant ; Et quand sous mille efforts, la tête la première,
Le bloc superbe et souverain Précipita sa chute, et sur la froide pierre
Roula son cadavre d'airain ;