I. in OLP
Ce triste et vieux forçat de la Sainte-Alliance
Qui mourut sur un noir rocher.
Traînant comme un boulet l'image de la France
Sous le bâton de l'étranger; Non, non, Napoléon n'est plus souille de fanges :
GrAce aux flatteurs mélodieux.
Aux poètes menteurs, aux sonneurs de louanges,
César est mis au rang des dieux.
Son image reluit à toutes les murailles;
Son nom dans tous les carrefours Résonne incessamment, comme au fort des batailles
Il résonnait sur les tambours.
Puis de ces hauts quartiers où le peuple foisonne,
Paris, comme un vieux pèlerin, Redescend tous les jours au pied de la colonne
Abaisser son front souverain.
Ht là, les bras chargés de palmes éphémères,
Inondant de bouquets de fleurs Ce bronze que jamais ne regardent les mères.
Ce bronze grandi sous leurs pleurs ; En veste d'ouvrier, dans son ivresse folle,
Au bruit du fifre et du clairon, Paris d'un pied joyeux danse la carmagnole
Autour du grand Napoléon.
38 ïambes
Ainsi, passez, passez, monarques débonnaires.
Doux pasteurs de l'humanité ; Hommes sages, passez comme des fronts vulgaires
Sans reflet d'immortalité !
Du peuple vainement vous allégez la chaîne ;
Vainement, tranquille troupeau.
Le peuple sur vos pas, sans sueur et sans peine,
S'achemine vers le tombeau :
Sitôt qu'à son déclin votre astre tutélaire
Epanche son dernier rayon.
Votre nom qui s'éteint sur le flot populaire
Trace à peine un léger sillon.
Passez, passez, pour vous point de haute statue :
Le peuple perdra votre nom ; Car il ne se souvient que de l'homme qui tue
Avec le sabre ou le canon ;