‹ Poésies: Iambes et poèmesChapitre 29 sur 80 · LA MACHIN'E · texte numérisé non relu

LA MACHIN'E

Hercule, par les bois, les plaines et les monts. Écrasant les serpents, abattant les lions. Desséchant les marais des terres empestées. Maîtrisant dans leur cours les ondes indomptées, Et, la massue en main et les flèches au dos, Soulageant les douleurs de l'homme en ses travaux ; Mais c'est Hercule aussi foulant la vaste crête De l'Qita montueux, le dieu perdant la tête; Et les veines du front toutes pleines de sang, La rage dans le cœur et la douleur au flanc. En aveugle outrageant la superbe nature, Traînant, comme des morts et par la chevelure. Les pins déracinés, les chênes en éclats ; Puis, toujours furieux, méconnaissant Lycas, Prenant le pauvre enfant entre ses mains immenses, Et malgré ses clameurs, malgré ses résistances. Le tournant par trois fois à l'entour de son front, Et lançant un cadavre à l'abîme sans fond.

LES HOS\CICl'DES

LE 1' R O L t l' A X R E

\~J u fer d'IIarmodius arme mon bras, Justice !

Fatigué d'être esclave et de voir au supplice

Un grand peuple, je dis : Tout monarque ici-bas,

Est un lâche égoïste et digne du trépas.

C'est l'éponge qui boit les richesses sans nombre

Q.ue l'ouvrier plaintif élabore dans l'ombre :

Rien n'en sort qu'un peu d'or, qui parfois se répand

Aux mains d'un vil bouffon ou d'un bourreau rampant.

Est-il juste, grand Dieu 1 qu'ici-bas d'un seul homme

Des millions d'humains soient les bêtes de somme j

LE s II oMicinns 95

Q.UC tant d'ctrcs de chair soient les hochets sanglants D'un seul, issu comme eux de tes célestes flancs? Un côté penche trop dans l'humaine balance. Ah ! ce n'est pas ainsi que la toute-puissance V.n a conçu le jeu : lancé dans le plateau, Le glaive quelquefois rétablit le niveau : Prête-le-moi, Justice! et qu'un coup salutaire Des peuples gémissants finisse la misère.

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